LES GRANDES AFFAIRES CRIMINELLES

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LES GRANDES AFFAIRES CRIMINELLES

Message par Michael Jackson 93 le Dim 17 Fév - 11:39

bonjour à tout le forum de Olia, dans ce topic je vais mettre toutes les Affaires Criminelles de tout les pays et je vais faire plusieurs catégories d'Affaires Criminelles. Je vais énuméré les catégories que je vais faire :

- Les Assassins : (Landru, Mesrine, Heaulme etc...)
- Les Erreurs Judiciaires : ( Seznec, Dominici, Dills, Ranucci etc...)
- Les Braqueurs : (Spaggiari etc...)
- Les Tueurs En Séries : ( Jack L'Eventeur, Ed Kemper, John Gacy etc...)
- Les Disparitions Mystérieuses : ( Mourmelon, Agnès Le Roux etc...)

j'espère que ce topic vous plaira


Dernière édition par Michael Jackson 93 le Mar 19 Fév - 0:27, édité 1 fois
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Re: LES GRANDES AFFAIRES CRIMINELLES

Message par Michael Jackson 93 le Dim 17 Fév - 11:51

L'AFFAIRE CALAS (1761)


L’affaire Calas est une affaire judiciaire qui se déroula au milieu du XVIIIe siècle à Toulouse, rendue célèbre par l'intervention de Voltaire.

D'après l'historien Benoît Garnot, de l'université de Dijon, cette triste histoire est à la Justice (fort bien administrée) de l'ancien régime, ce qu'est l'affaire d'Outreau à la Justice actuelle. Elle fut essentiellement politique et non pas révélatrice du fonctionnement des tribunaux royaux. Cette affaire entraîna des nombreux abus de procédure dans l'administration de la preuve (usage dévoyé de l'adminicule et du monitoire, entre autres). Les magistrats de la Cour royale rétablirent la veuve Calas dans ses droits et réhabilitèrent la mémoire de son défunt époux.

L'affaire

La famille Calas habitait au 16, rue des Filatiers (aujourd'hui n° 50) à Toulouse. Le 13 octobre 1761, le fils aîné, Marc-Antoine, est retrouvé pendu dans sa maison, à la poignée d'une porte. Le corps est découvert à 22 heures après le souper qui réunissait le père et la mère Calas, les deux fils Marc-Antoine et Pierre et un invité M. Gaubert. Meurtre ou suicide ? Toujours est-il que les Calas, l'invité Gaubert et la servante Jeanne Viguière, bonne catholique, sont accusés du meurtre. L'attitude de la famille est en effet suspecte car celle-ci reconnaît, après trois jours d'interrogatoire à l'Hôtel de ville, avoir détaché Marc-Antoine pour camoufler le suicide et éviter ainsi à ce dernier qu'il ne subisse le traitement alors infligé aux suicidés, « être traîné sur la claie » (cadavre traîné face contre terre puis jeté aux ordures).

Mais les Calas, de confession protestante, sauf l'un des fils, Louis, converti au catholicisme et affilié à la Confrérie de pénitents blancs, continuent à pratiquer leur foi, et cela suffit pour que le capitoul David de Beaudrigue, convaincu par des rumeurs de voisinage alléguant la volonté de Marc-Antoine de choisir réellement la religion catholique, exige un complément d'enquête et fasse soumettre Jean Calas à la Torture.

L'étranglement est infligé à Jean Calas après le verdict du procès par le parlement de Toulouse. Ce dernier le condamne à mort le 10 mars 1762, sans que le jugement ne soit motivé. Calas est condamné au supplice de la roue. Il subit la question, une longue séance de torture, mais n'avoue rien. Il clame son innocence. Roué Place Saint-Georges, Jean Calas est étranglé puis brûlé deux heures plus tard.

Exilé, un autre fils de Jean Calas, Pierre, se rend dans la ville calviniste de Genève, où il rencontre Voltaire qui a déjà été informé de l'affaire par le marchand marseillais Dominique Audibert. Le philosophe croit d'abord l'accusation fondée et rédige dans un premier temps une lettre incendiaire sur Jean Calas. Mais, convaincu par Pierre de son innocence, il forme par la suite un groupe de pression avec ses amis et utilise son ironie corrosive pour que justice soit faite.

Afin d'obtenir la révision du procès, Voltaire publie, en 1763, l'ouvrage Traité sur la tolérance à l'occasion de la mort de Jean Calas tandis que la famille obtient un entretien à Versailles auprès de Louis XV. Le capitoul, c'est-à-dire l'officier municipal de Toulouse, qui avait largement contribué à monter les fausses accusations contre Calas, est destitué. Le Conseil du roi casse l'arrêt de condamnation par le Parlement de Toulouse le 4 juin 1764. En 1765, Voltaire réussit à faire réviser le procès et à obtenir un arrêt qui déclare Calas innocent et réhabilite sa mémoire, même si le Parlement de Toulouse refusera toujours de revenir sur son jugement et tiendra cet arrêt de réhabilitation pour nul et non avenu.

Le procès de Calas a été inséré dans les causes célèbres. Il a fourni à Marie-Joseph Chénier, à Jean-Louis Laya et à Auguste-Jacques Lemierre d'Argy le sujet de drames populaires. Athanase Coquerel a publié en 1858 Jean Calas et sa famille.

Chronologie détaillée


19 mars 1698 : Naissance de Jean Calas à Lacabarède, près de Castres. De famille protestante, il reçoit cependant le baptême de l'Église catholique quatre jours plus tard.
1722 : Jean Calas s'installe comme marchand linger rue des Filatiers à Toulouse.
19 octobre 1731 Jean Calas épouse Anne-Rose Cabibel, de confession protestante. Ils auront quatre fils et deux filles : Marc-Antoine (né le 5 novembre 1732), Pierre, Louis, Donat, Anne et Anne-Rose.
18 mai 1759, Marc Antoine Calas est reçu bachelier en droit, mais il ne peut obtenir des autorités ecclésiastiques le certificat nécessaire à la soutenance des actes de licence.
24 janvier 1761 : L'intendant du Languedoc reçoit une lettre du subdélégué de Toulouse, faisant état de la mauvaise volonté de Jean Calas à subvenir aux besoins de son fils Louis, ne vivant plus sous le toit familial et s'étant converti au catholicisme en 1756.
13 octobre 1761 : Marc Antoine est trouvé mort allongé sur le sol au rez-de-chaussée de la maison.
15 octobre 1761 : Le capitoul David de Beaudrigue mène l'enquête, il interroge Jean et Pierre Calas, ainsi que Gaubert Lavaysse, invité le soir même du drame. Les accusés révèlent avoir trouvé Marc Antoine pendu, et avoir maquillé le suicide en meurtre, puis avoir menti aux enquêteurs afin d'épargner au défunt la honte du suicide. À l'époque, les corps des suicidés sont en effet soumis à un jugement infamant. Fort de ces éléments, le clergé toulousain et la populace réclament un châtiment exemplaire pour cette famille accusée d'un crime atroce : avoir assassiné leur fils qui voulait se convertir au catholicisme. Ils réclament le châtiment des hérétiques. Aucune enquête ne sera menée afin de savoir si Marc Antoine avait vraiment l'intention ou non de se convertir. Il sera déclaré martyr et enterré selon le rite catholique, son cercueil sera escorté par quarante prêtres pénitents blancs au milieu d'une foule immense.
18 novembre 1761 : Les capitouls affirment que Jean, Anne-Rose, Pierre Calas, Jeanne Viguière la servante, et Gaubert Lavaysse sont coupables. Il est décidé de soumettre à la question Jean Calas, sa femme et son fils Pierre, et d'infliger le cachot à Gaubert Lavaysse et à Jeanne Viguière. Ils font par la suite appel devant le juge de Toulouse.
6 mars 1762 : La calomnie confondue, ou mémoire dans lequel on réfute une nouvelle accusation intentée aux protestants de la province du Languedoc, à l'occasion de l'affaire du sieur Calas détenu dans les prisons de Toulouse (Au Désert, 1762) est condamné par le parlement de Toulouse à être lacéré et brûlé. Dans cet opuscule rédigé par La Beaumelle et signé du pasteur Rabaut, les protestants du Midi s'indignaient de la rumeur qu'on faisait courir, selon laquelle ils auraient ordre de tuer leurs enfants lorsque ceux-ci veulent se convertir au catholicisme.
9 mars 1762 : Sur les conclusions du procureur général Riquet de Bonrepos, par huit voix sur treize, le parlement condamne au supplice Jean Calas. L'exécution a lieu le 10 mars suivant ; Jean Calas meurt roué, place Saint-Georges, en proclamant son innocence. Son corps est brûlé sur un bûcher et les cendres jetées au vent.
18 mars 1762 : Pierre est banni ; sa mère, Jeanne Viguière et Lavaysse sont acquittés ; les deux filles Calas sont quant à elles enfermées dans des couvents ; les biens de la famille sont confisqués.
14 avril 1763 : Antoine Louis présente publiquement Mémoire sur une question anatomique relative à la jurisprudence, dans lequel on établit les principes pour distinguer à l'inspection d'un corps trouvé pendu le signe du suicide d'avec ceux de l'assassinat.
9 mars 1765 : Calas et sa famille sont définitivement réhabilités par une assemblée de quatre-vingts juges et par le conseil du roi. Le roi accorde en outre à la famille une pension de 36 000 livres.

Voltaire est ainsi considéré comme le premier écrivain français à s'engager publiquement dans une affaire judiciaire.








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Re: LES GRANDES AFFAIRES CRIMINELLES

Message par Michael Jackson 93 le Dim 17 Fév - 12:03

AFFAIRE FUALDES (1817)

L’Affaire Fualdès est une affaire judiciaire qui défraya la chronique judiciaire de 1817 à 1818 dans la France de la Restauration et n’a cessé par la suite de susciter les passions. En effet, l’ancien procureur impérial Fualdès a été égorgé dans la nuit du 19 au 20 mars 1817 à Rodez, puis son corps fut jeté dans les eaux de l’Aveyron.

C’est la France tout entière, puis l’Europe et même l’Amérique qui bientôt se passionnent pour cette énigme de province appelée à devenir une des plus célèbres affaires judiciaires du XIXe siècle.

Il s’y mêlaient des considérations politiques puisque l’assassiné était accusé d’être bonapartiste, que ses agresseurs étaient au contraire dans la mouvance royaliste et que le premier procès les condamnant à mort fut cassé à la fin de l’année 1817. Victor Hugo en parle au chapitre 169 des Misérables et Balzac y fait également allusion.

Les circonstances du meurtre

Dans la nuit du 19 mars 1817, dans Rodez endormie, Antoine Bernardin Fualdès, ancien procureur impérial du département de l'Aveyron est sauvagement assassiné au son d’un orgue de Barbarie, destiné à couvrir ses cris.

L’enquête ne traîne pas, et bien qu’elle ait révélé les conditions particulièrement atroces dans lesquelles a été commis ce meurtre et qui frappèrent les imaginations (la victime ayant été pratiquement saignée à blanc), elle ne fait pourtant pas totalement la lumière, malgré les lourdes condamnations qui suivirent, sur les véritables coupables et leurs mobiles.

Les soupçons se portent vite sur les habitants de la maison Bancal, une maison mal-famée sise rue des Hebdomadiers (aujourd'hui rue Séguy), non loin de la demeure de Fualdès, et les responsables sont cherchés dans l’entourage immédiat du magistrat :

l’agent de change Joseph Jausion (né en 1768 à l'Esclausade, paroisse de Muret-le-Château), époux de Victoire Bastide,
Bernard-Charles Bastide dit Gramont, beau-frère et filleul de la victime (né à Dalmayrac, paroisse de Lanhac - aujourd'hui commune de Rodelle, marié en l'an VI à Comps-la-Grand-Ville à Marguerite Janson)
Jean-Baptiste Col(l)ard, locataire des Bancal,
le contrebandier Boch,
Catherine Burguière, veuve Bancal et sa fille Marianne,
Bax,
Anne Benoit, blanchisseuse,
Joseph Missionier, son amant,
et Jean Bousquier,

tous furent accusés de lui avoir tendu un guet-apens.

Il apparaît très vite que le vol ne constitue pas le mobile du crime. Une histoire antérieure, où plane l’ombre d’un infanticide qui aurait été commis par Jausion en 1809 et aurait été étouffé par amitié par Fualdès, s’est imposée comme un mobile plus acceptable que la somme modique qui lui est dérobée.

Le côté sordide du meurtre, la faiblesse des mobiles, les zones d’ombres non-élucidées, l’implication des élites, font que toute la ville – et la France – bruit de rumeurs à tel point qu’on a pu parler de « l’incroyable épidémie d’affabulations » alimentée par la « curieuse personnalité » mythomane de Clarisse Manson, témoin par éclipse du meurtre.

Le procès dure du 19 mars 1817 au 12 septembre de la même année. Le verdict est à la hauteur de la cruauté du crime : quatre condamnations à mort, deux à perpétuité, un an pour Bousquier, Marianne Bancal sera acquittée.

Pour autant, l’affaire ne s’arrête pas là. Les esprits étaient tellement surchauffés par cette parodie de procès où les élites royalistes ont fait corps pour faire condamner les accusés qu’un vice de forme imputable aux greffiers est allégué pour faire annuler et dépayser le procès à Albi, et c’est en Cour d’assises du Tarn qu’est rejugée l’affaire à partir du 25 mars 1818.

Au cours de ce second procès, la fameuse Clarisse Manson, « témoin » fascinant et séduisant, déconcerte le public par son passage incessant d’une logique individuelle (elle n’a rien vu de ce meurtre) à une logique sociale (Clarisse répond alors à ce qu’on attend d’elle, elle remplit le rôle qu’on veut lui donner, elle s’y conforme).

Lorsqu’elle nie, elle s’exclut du jeu, devient par là même déviante et soupçonnable. Pour la logique sociale dominante, qu’exprime l’opinion, Clarisse ne peut pas ne pas avoir été chez Bancal au moment du crime : donc elle avoue. Mais en fait, sans doute n’y était-elle pas : donc elle nie, à titre personnel. Exigences sociales et spécificités individuelles vont se combiner pour élaborer une alchimie instable, finalement déconcertante bien que profondément concertée.

Le repentir spectaculaire de certains soi-disant complices ajoute à la confusion, mais la sentence de la peine capitale est confirmée pour Bastide, Jausion, et Colard qui sont exécutés le 3 juin 1818. Bax et la Bancal voient leur peine commuée à perpétuité.

A-t-on assassiné Antoine Fualdès pour raison d'État ?

Le magistrat, né en 1761 était un ancien révolutionnaire. Devenu sous l’Empire juge à Rodez, il ne faisait pas mystère de ses relations avec Barras et prétendait être très bien renseigné sur bien des choses, principalement sur l’évasion de Louis XVII de la prison du Temple.

Lors du procès de ses prétendus assassins, Bastide, Jausion, la Bancal et Bousquier, Didier Fualdès son fils, partie civile, dépose le 7 février 1818 entre les mains d’un magistrat une correspondance assez révélatrice, bien que non-signée. Il y est écrit que Fualdès avait été tué à cause de l’évasion et de la survivance de Louis XVII.

Le document est transmis à Decazes, alors garde des Sceaux et ministre de la police alors qu’il aurait été naturel que le magistrat à qui l’on avait remis cette lettre anonyme fasse faire une enquête. Celui-ci cacha dans son château de La Grave en Gironde des dossiers de l’État. Il fut trouvé dans cette cache, en 1898 l’acte de décès du supposé Louis XVII. Qu’y a-t-il eu d’autre de trouvé ? Decazes fils fut ministre des Affaires étrangères et n’avait jamais parlé des dossiers ou archives secrètes léguées par son père.

Plusieurs questions se posent quant à la véracité de la thèse retenue, appuyées sur plusieurs éléments. Les voici :

Enlèvement par les assassins des papiers de Fualdès, papiers sans intérêt pour les voleurs.
Les pressions du préfet de l’Aveyron sur madame Manzon, témoin indispensable.
Lettre de cette dernière au préfet, spécifiant qu’un ordre du souverain (Louis XVIII) l’avait menacée de l’exil et de la séparation de son enfant. Quel intérêt Louis XVIII avait-il de menacer cette dame vraisemblablement au courant de quelque chose d’intéressant si celle-ci ne détenait pas des renseignements pouvant compromettre Louis XVIII et sa folle envie de monter sur le trône de son neveu ?
Mort suspecte de Bancal.
Défaut d’intérêt des accusés principaux.
Cette petite phrase de Bastide, l’un des accusés dans sa défense écrite : une « détestable ambition », celle de Louis XVIII ?
« Le misérable ! c’est lui qui a fait assassiner mon pauvre père » : phrase prononcée par le fils de Fualdès passant devant les Tuileries où se trouvait Louis XVIII.
la fameuse lettre de Rodez imprimée dans une des histoires du procès où il est fait mention « des passions plus fortes que la cupidité qui ont dirigé les poignards dans le sein de l’infortuné Fualdès ».
Les journaux britanniques de l’époque écrivirent et proclamèrent bien haut que la question Louis XVII était liée à l’affaire.

À celles-ci s’ajoutent 6 autres qui prirent corps après le procès ou dont on connut l’existence bien longtemps après :

L’innocence reconnue de Bastide et Jausion.
La pression exercée par monsieur de Faydel, Président des assises sur madame Manson pour l’obliger à accuser Bastide et Jausion.
L’immixtion du gouvernement dans cette affaire. Cette intervention exceptionnelle résultant du dossier secret qui obligea les magistrats à ne pas connaître certains points de l’affaire.
Une lettre anonyme soustraite par la police et qui a disparu fut adressée au fils Fualdès pour lui révéler que son père avait été assassiné parce qu’on voulait s’emparer de ses papiers relatifs à la survivance de Louis XVII.
Fualdès fils écrivit au ministre de la justice une lettre violente dans laquelle il accusait le gouvernement de conserver des bandits dans son sein. Il faisait vraisemblablement allusion à Decazes mais ne fut nullement inquiété pour cette correspondance.
L’apparition d’un mystérieux inconnu habillé de vert qui aurait empoisonné Bancal au moment où il voulait parler. Il ne faut pas oublier, non plus, que ce fameux inconnu habillé de vert avait déjà sévi aux Incurables lorsque la femme Simon, malgré les ordres qu’elle avait reçus de se taire concernant la survivance, avait été intoxiquée. D’ailleurs, sa mort serait due à un empoisonnement, car elle avait parfaitement reconnu son « Charles », comme elle nommait l’orphelin du Temple, lors d’une visite de celui-ci, accompagné d’un homme de couleur, et elle gênait.

Il est peu probable que Fualdès, franc-maçon, ancien membre du tribunal révolutionnaire, persécuteur des royalistes durant les Cent-Jours, n’ait été assassiné que pour ces seules raisons. Mais autour de cette sombre affaire et de celle du Temple, combien de meurtres ? Combien de disparitions soudaines et opportunes, combien de mensonges et de trahisons, on en revient toujours à la même question : pourquoi Louis XVIII a-t-il fait ériger un monument à la mémoire de son frère et de sa belle-sœur et que ne l’a-t-il fait pour son neveu ? Pourquoi n’a-t-il pas voulu se faire couronner roi ?
Il se pourrait bien que les papiers que détenait Antoine Fualdès aient été de nature à lever ce secret.

Depuis quelques années, une hypothèse sérieusement étudiée rend la société secrète des Chevaliers de la Foi responsable du meurtre du procureur Fualdès.

L’essor de la presse

À partir de l’affaire Calas auquel Voltaire a donné le retentissement que l’on sait, le public devient le rival du magistrat, le Tribunal c’est l’opinion publique.

Preuve s’il en était de cette évolution l’écho donné à l’affaire Fualdès par un avocat de la Restauration.

C’est l’avocat Romiguières, membre du barreau d’Albi, qui laisse à la postérité le récit de cette espèce célèbre dans les annales de la criminologie, aidé par l’essor d’un nouveau média : la presse nationale.

Il publie jour après jour les comptes-rendus des actes et des audiences du procès fait aux assassins, parce que, écrit-il dans la préface « le résultat de cette procédure peut servir à résoudre ce problème de politique et de morale, si à mesure que les hommes en s’avançant dans les siècles acquerront plus de lumière et seront plus généralement éclairés, les forfaits devront se multiplier, en même temps qu’ils seront plus inouïs ».

C’est le journaliste qui parle, mais aussi le juriste.

Au-delà de ces ambitions humanistes, l’affaire offre à la presse et aux premiers « reporters » modernes dépêchés sur place l’occasion de tenir la France et l’Europe en haleine par un feuilleton haletant des événements, rumeurs et rebondissements de l’enquête et du procès, n’hésitant pas à forcer le trait pour décrire Rodez comme une ville sordide, étriquée et mesquine, image dont la capitale de l’Aveyron a eu du mal à se débarrasser.

La nouveauté du procédé, ainsi que le formidable retentissement qu’il provoqua, explique que l’affaire Fualdès est considérée comme la première affaire criminelle judicio-journalistique de la presse européenne, genre qui fut promis au succès que l’on sait.














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Message par Michael Jackson 93 le Dim 17 Fév - 12:53

AFFAIRE MARIE LAFARGE (1840)

Marie Fortunée Capelle, connue sous le nom de Marie Lafarge (15 janvier 1816 - 6 septembre 1852), est une criminelle française. Elle est condamnée en 1840 aux travaux forcés à perpétuité et à l’exposition sur la place publique de Tulle pour le meurtre de son époux, Charles Lafarge, 28 ans. Elle est censée être l'arrière-petite-fille présumée de Philippe Égalité, et de Félicité de Genlis (1746-1830).

Nom de naissance Marie Fortunée Capelle
Naissance 15 janvier 1816
Décès 6 septembre 1852 (à 36 ans)
Ornolac-Ussat les Bains en Ariège France
Nationalité française
Ascendants sa grand-mère, Herminie Compton ; parents présumés: Philippe Égalité ; Félicité de Genlis ;

Biographie

Marie Capelle est présumée descendre de Louis XIII par sa grand-mère Herminie Compton, censée être née d'une liaison entre Félicité de Genlis et Philippe Égalité, duc d’Orléans. Cette ascendance aura un impact considérable lors de son procès, tenu sous la Monarchie de Juillet et le règne de Louis-Philippe d'Orléans, le fils légitime de Philippe Égalité. La presse, que le pouvoir avait muselée par les fameuses lois de septembre 1835, allait s’empresser de dénoncer cette « bâtarde Orléaniste devenue empoisonneuse », et cela pouvait bien faire vaciller le trône.

Marie Capelle devient rapidement orpheline de son père, celui-ci ayant été tué dans un accident de chasse. Elle est élevée par ses tantes, qui lui donnent une éducation digne de son rang social : elle lit rapidement Lamartine et George Sand.

Mariage avec Charles Lafarge

Marie Fortunée Capelle épouse, à 23 ans, Charles Lafarge (1811-1840), maître de forge au Glandier, commune de Beyssac ; encombré par des difficultés financières, il sait qu’en l'épousant, il reçoit une dot de 80 000 francs-or qui lui permet d’éviter la faillite. Toujours présenté comme un « brave homme, mais un peu bourru », Charles Lafarge aurait été en fait un personnage vil et corrompu, rongé par la violence et sujet à des crises d’épilepsie.

Emma Pontier, cousine germaine de Charles Pouch-Lafarge, rapportera que sa situation financière était connue de tout le pays : « Il devait essayer un nouvel emprunt, trouver un mariage d’argent à faire ou ne plus revenir. »

Le Glandier

Pour Marie, le changement est radical entre sa vie au château de Busagny et Beyssac : Charles Lafarge a en effet fait miroiter à sa fiancée qu’il était propriétaire du château de Pompadour en Corrèze, mais lorsque le couple arrive au Glandier, Marie découvre une vieille demeure délabrée, infestée de rats et prétendument hantée.

Le Glandier est en réalité un ancien monastère fondé en 1219, suite à une donation d’Archambaud VI de Comborn, en expiation d’un crime ; il a été soutenu au cours des siècles par de nombreux bienfaiteurs ; abandonné et saccagé à la Révolution, il est acquis en 1817 par la famille Lafarge, qui implante en aval une forge industrielle en 1834.

Les Chartreux rachèteront la propriété aux Lafarge en 1860 et rebâtiront le monastère, qui abrite aujourd’hui un centre de soins pour handicapés mentaux.

Un décès suspect

Désespérée, Marie adresse une lettre à son époux, où elle lui propose de s’enfuir en lui laissant sa dot ; devant le refus de ce dernier, elle fait contre mauvaise fortune bon cœur et prend la maison en main tandis que Lafarge cherche de l’argent par monts et par vaux.

La bâtisse étant infestée par les rats, Marie décide de les empoisonner avec de l’arsenic. C’est un des domestiques, Denis Barbier, petit escroc parisien rencontré à Paris par Charles Lafarge, qui se procure le produit, d’abord à la pharmacie Eyssartier à Uzerche. Barbier est un homme-clé dans ce fait divers : c’est lui qui propagera la thèse de l’empoisonnement.

Pendant ce temps, Marie envoie des gâteaux à son époux.

Charles est à Paris, il vient d’obtenir un brevet qui lui permet de diminuer les frais de chauffage dans la fabrication du fer. Il revient en Corrèze.

En décembre 1839, Marie expédie à son époux un gâteau qu’elle a elle-même confectionné. La pâtisserie, faite avec du lait non pasteurisé, voyage entre la Corrèze et Paris.

Le 18 décembre 1839, Charles Lafarge tombe gravement malade ; revenu à Beyssac le 3 janvier 1840, il y meurt le 14 janvier suivant. Sa mère fait alors courir le bruit que Charles a été empoisonné par Marie, et prévient le procureur du Roi.

Le lendemain du décès, la police perquisitionne et découvre de l’arsenic partout : sur les meubles, les aliments, de la cave au grenier.

Par ailleurs, sur les quinze analyses toxicologiques effectuées sur le corps de Charles Lafarge, les médecins de l’époque ne démontreront qu’une seule fois la présence « d’une trace minime d’arsenic ».

Procès

Huit mois après le décès de son époux, Marie Lafarge, âgée de 24 ans, est inculpée de meurtre par empoisonnement et comparaît devant la Cour d’assises de Tulle. Elle est défendue par quatre avocats, Maîtres Paillet, Charles Lachaud (1817-1882), Desmont et Bac.

Le 3 septembre 1840, le procès débute et, au fil des audiences, la foule est de plus en plus nombreuse et les badauds se bousculent dans la salle des Pas-Perdus pour y assister. Des dizaines de témoins vont se succéder à la barre.

« [...] Tant mieux pour sa parenté si elle est innocente du crime, mais j'avoue que, vu la discussion des premiers et seconds experts, ces énormes achats d'arsenic, et, surtout, cette transition si subite d'une horrible répugnance à des tendresses excessives pour son mari, elle me restera toujours assez suspecte pour désirer une autre garde-malade si j'avais des tisanes à faire faire. Une chose qui me choque tout particulièrement de [sa] part, ce sont ces rires inextinguibles pendant la déposition emphatique et, à la vérité, ridicule, d'un des témoins à charge [...]. Plus une personne, sous le coup d'une pareille accusation, serait innocente, plus elle devrait souffrir, et tout en conservant le calme d'une bonne conscience, elle devrait être occupée à d'autres idées que de se livrer à de pareils éclats d'hilarité. [...]
Il n'a été question hier soir, au salon, que de Mme Lafarge ; on est ici, comme partout, fort divisé d'opinions sur son compte. Ceux qui la croient innocente disent que le mari n'est pas mort empoisonné mais de l'usage des mouches cantharides qu'il prenait pour être un vaillant mari, et que c'est à [celle-ci] qu'il faut attribuer le prompt changement des dispositions de sa femme [...]. Ceux qui persistent à (la) croire coupable disent qu'il faut plutôt croire les premiers experts qui ont opéré sur les matières fraîches, que ceux qui ont analysé des matières incomplètes, décomposées; ils s'appuient sur les mauvaises tendances, hier avérées, de l'accusée, sur ses lettres, ses habitudes de mensonges et de comédie, sa mauvaise réputation dès sa première jeunesse, la hâte que sa famille avait de la marier pour s'en défaire, au point d'avoir recours à un bureau matrimonial. Elle est petite-fille d'une Mme Collard [...], Hermine, élève de Mme de Genlis, et assez généralement supposée être sa fille et celle de M. le duc d'Orléans, père du Roi des Français actuel. C'est à cette filiation qu'on attribue l'intérêt très vif qu'on prend aux Tuileries pour Mme Lafarge. Dans son affaire des diamants, on la juge selon le monde et l'opinion auxquels on appartient [...] tout ce bord-là la croit coupable [...] Toute la démocratie, charmée de trouver en une femme du beau monde, tient la fable inventée par Mme Lafarge contre Mme Léautaud pour véritable. »

Entre une belle-mère machiavélique, voulant à tout prix préserver le patrimoine de la famille, et un avocat général borné, l’étau se resserre progressivement sur Marie.

La plaidoirie de Maître Paillet dure sept heures et le verdict tombe après les nombreuses batailles entre experts et contre-experts et sans d’ailleurs que l’auditoire ait été convaincu par l’accusation. L'accusée est condamnée aux travaux forcés à perpétuité et à une peine d'exposition d'une heure sur la place publique de Tulle.

Analyses discutables ?

Malgré les analyses négatives effectuées par des chimistes de Tulle et de Limoges, démontrant l’absence de traces arsenicales, le ministère public persiste et demande une nouvelle autopsie du corps de Charles Lafarge.

Mathieu Orfila, doyen de la faculté de médecine de Paris, inventeur de la toxicologie et un des auteurs du manuel de l’appareil de Marsh (en) qui détecte les traces d’arsenic, prince officiel de la science et royaliste convaincu proche du pouvoir orléaniste, est dépêché de Paris : à la surprise générale il décèle par des manipulations, considérées aujourd’hui comme étant douteuses, une quantité minime d’arsenic dans le corps du défunt.

Aussitôt fait, il repart à Paris en emmenant dans ses bagages les réactifs utilisés pour la contre-expertise.

La présence de l’arsenic dans le corps de Lafarge est donc le fil rouge du procès.

Maître Théodore Bac l’a bien compris et tente le tout pour le tout : il demande à Raspail, brillant chimiste à Paris, de mettre sa pierre à l’édifice dans le système de défense.

Raspail mettra trente-six heures pour arriver à Tulle mais arrivera quatre heures après que le jury se sera prononcé. Il est trop tard pour démontrer une présence dite « naturelle » de l’arsenic dans tous les corps humains. L’arsenic confiné dans les os des individus est une réalité.

Il aura néanmoins cette phrase : « On a trouvé de l’arsenic dans le corps de Lafarge ? Mais on en trouverait partout, même dans le fauteuil du président ! »

À l'époque, la piste de l'intoxication alimentaire n'a pas été abordée. Charles Lafarge s'est senti mal après l'absorption d'un chou à la crème envoyé par son épouse. D'où l'accusation d'empoisonnement. Mais Charles Lafarge a pu tout simplement décéder à cause du gâteau, fait avec de la crème et du beurre, non pasteurisé cela va de soi, et qui avait en outre voyagé trois jours.

Condamnation et mort

Le 19 septembre 1840, Marie Lafarge-Capelle est condamnée aux travaux forcés à perpétuité.

« Voilà donc le grand drame Lafarge terminé. Elle est condamnée (...) il faut que cette femme par son aspect, que l'action des débats, les gestes, les physionomies, aient produit un effet bien frappant, pour amener cette conviction, qui résulte d'autre chose que des faits et qui a provoqué sa condamnation (...) il y avait grand partage de sympathie et d'antipathie dans le public; Mme Lafarge était soutenue par une famille puissante (...). Ce qu'il y a de singulier et de rare dans ce procès, c'est que je n'y vois personne, pas même la victime, qui inspire de l'intérêt (...). Avec si peu de personnes à estimer dans (ses) accusateurs, il faut qu'elle ait fortement impressionnée le jury de sa culpabilité pour être condamnée. »

(Duchesse de Dino, du château de Valençay, le 24 septembre 1840, op. cit, pp. 382 et 383).

Sa condamnation fait des remous jusqu’à Paris : George Sand écrit au peintre Eugène Delacroix et parle « d’affaire mal menée (…) et salement poursuivie par le ministère public ».

Elle est envoyée au bagne de Toulon ; la rapide dégradation de son état de santé conduira Louis-Philippe Ier à commuer sa peine en détention criminelle à perpétuité.

Transférée dans une des tours de la prison de Montpellier, elle contracte la tuberculose et est libérée par le prince-président Louis-Napoléon Bonaparte en 1852. Elle meurt le 6 septembre de la même année.

Durant toute la durée de son emprisonnement, elle écrivit un journal intime d'une grande qualité littéraire, publié sous le titre Heures de prison (éditions Librairie nouvelle).

Elle est inhumée au cimetière d'Ornolac-Ussat-les-Bains.

Énigme judiciaire

« Coup monté », « erreur judiciaire », « crime parfait » … « L’affaire Lafarge » restera pour l’opinion publique une des plus grandes énigmes judiciaires, à l’image de « l’affaire Dreyfus » ou de « l’affaire du collier de la reine ».

Écrivains, journalistes, juristes s’intéressent encore aujourd’hui à cette mort suspecte. En 1937, « L’affaire Lafarge » a même été adaptée au cinéma par le réalisateur Pierre Chenal…

Une enquête, menée en 1978, aurait démontré que Charles Lafarge serait en réalité mort de la fièvre typhoïde, dont le bacille était à l’époque mal identifié.

La généalogiste Chantal Sobieniak, en faisant des recherches en 2010 sur une affaire de justice à Brives, découvre dans un sac de procédure 52 documents d'un procès s'étant déroulé en 1818 à Beyssac et ayant rapport avec l'affaire Marie Lafarge, ce qui a donné lieu à son ouvrage Rebondissements dans l'affaire Lafarge.






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Dernière édition par Michael Jackson 93 le Dim 17 Mar - 11:12, édité 1 fois
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Re: LES GRANDES AFFAIRES CRIMINELLES

Message par Michael Jackson 93 le Dim 17 Fév - 13:11

AFFAIRE VACHER (1894-1898)

Joseph Vacher, né à Beaufort (Isère) le 16 novembre 1869, et mort guillotiné à Bourg-en-Bresse le 31 décembre 1898. Surnommé le « Jack l'Éventreur du Sud-Est » par la presse, il est considéré comme l'un des premiers tueurs en série français reconnu par la justice, auteur présumé d'une trentaine d'assassinats dont l'égorgement d'au moins 20 femmes et enfants mutilés et violés, condamné à mort pour douze meurtres et guillotiné.

Information
Surnom L'Éventreur
Naissance 16 novembre 1869
Beaufort, Isère (France)
Décès 31 décembre 1898 (à 29 ans)
Bourg-en-Bresse (France)
Cause du décès Décapitation
Condamnation 28 octobre 1898
Sentence Guillotine
Meurtres
Nombre de victimes 11
Période 20 mai 1894 - 18 juin 1897
Pays France
États Isère, Var, Étaules, Savoie, Ain, Drôme, Ardèche, Allier, Haute-Loire, Rhône
Arrestation 4 août 1897

Biographie

Né dans une famille nombreuse de cultivateurs de l'Isère, puisqu’on dénombre pas moins de 15 frères et sœurs, fils d'un père violent et alcoolique, Vacher est élevé dans une atmosphère teintée de mysticisme et de superstitions alimentée par sa mère, femme très dévote, régulièrement en proie à des hallucinations, à des visions et autres apparitions dont l'éducation religieuse l'incite à l'abstinence sexuelle.

Enfant, le jeune Joseph se montre d’un caractère sournois et cruel, aimant souvent torturer les animaux. Il est aussi parfois pris de crises de démences durant lesquelles il brise tout ce qui est à sa portée. Également violent et doué d’une force surprenante, il n’hésite pas à frapper ses frères et sœurs (même les plus âgés), se montrant tout aussi brutal avec ses camarades d’école.

Puis, il commence à travailler à 14 ans lorsque sa mère meurt et débute vraisemblablement peu après sa carrière criminelle : le viol et le meurtre dans une grange de Joseph A., un enfant de dix ans, à Éclose dans l'Isère (dix années plus tard, on soupçonnera Vacher d’en avoir été l’auteur, ainsi que trois ou quatre crimes qui suivront et qui ne seront jamais élucidés, car il se trouvait dans la région à l'époque des meurtres).

À 16 ans, il entre comme postulant chez les Frères maristes de Saint-Genis-Laval. Il y reste deux ans et il y parfait son instruction, allant, semble-t-il, jusqu’à faire la classe aux enfants. Il est exclu à 18 ans pour indiscipline et immoralité se voyant notamment reprocher de se livrer à des actes homosexuels sur ses condisciples. Il restera néanmoins profondément marqué par ce passage chez les religieux.

Il retourne alors à Beaufort et s’adonne aux travaux des champs. C'est à ce moment qu'il tente d’abuser un jeune valet de ferme âgé de 12 ans. Puis il part pour Grenoble retrouver une de ses sœurs, devenue prostituée, et que l'on a surnommée « kilomètre » à cause de ses talents de « marathonienne des trottoirs ».

En 1888, il travaille dans une brasserie de Grenoble et fréquente les prostituées. Il contracte alors une maladie vénérienne qui l’amène à subir une intervention chirurgicale à Lyon durant laquelle on lui enlève une partie des testicules. Cette opération castratrice va le traumatiser.

Lors de son service militaire, il est envoyé le 15 novembre 1890 au 60e régiment d'infanterie de Besançon où il reste jusqu'en 1893. Durant sa période militaire, il subira des brimades et « bizutages » de la part de ses camarades plus anciens. Ces derniers, ainsi que ses supérieurs le décrivent comme psychiquement troublé, atteint d'idées noires et de délire de persécution.

Bien que classé quatrième de sa promotion à l’école des élèves caporaux, il est néanmoins éliminé, car « inapte au commandement », selon les sergents-instructeurs, ce qui suscite chez lui une nouvelle source d’amertume et de colère. Pour protester contre cette injustice, Vacher tente de se trancher la gorge et est envoyé à l’infirmerie, où il subit son premier examen mental. Le colonel venu lui rendre visite, l’interroge. L’ayant jugé apte au grade de caporal, il lui accorde finalement son galon. Une fois sorti de l’infirmerie, Vacher montre une aptitude certaine au commandement, même s’il est trop autoritaire. Ses qualités lui permettent d’être rapidement nommé sergent.

C'est durant cette période également qu'il rencontre à Besançon une jeune cantinière Louise Barrand. En 1893, libéré de la vie militaire, il la rejoint à Baume-les-Dames et la demande en mariage le 25 juin 1893. Face au refus de cette dernière qui est tombée amoureuse d’un autre soldat, il tire sur elle quatre coups de revolver (elle n'est que blessée) avant de tenter de se suicider en se tirant deux balles dans la tête : l'une est extraite tandis que l'autre, qui a pénétré par l'oreille droite, doit rester en place, provoque la surdité totale de ce côté (son oreille suppurant et purulent en permanence) ainsi qu'une paralysie du nerf facial droit, lui immobilisant la moitié de la face, le faisant baver et laissant son œil droit injecté de sang plus grand que l'autre. De cet incident Joseph Vacher aura presque toujours la tête couverte d'un bonnet. Il est révoqué de l'armée dans l'attente de son procès.

Considéré comme irresponsable car psychiquement atteint (crises de paranoïa, hallucinations), il passe plus de six mois à l'asile de Dole, dans le Jura, où il est fort peu soigné. Il tente en outre à de multiples reprises de s'en échapper. Libéré car considéré guéri, il passe par des crises de folie meurtrière au cours desquelles il viole, éventre, mutile des bergers et des bergères, en majorité des adolescents (premier meurtre avoué d'Eugénie Delomme le 19 mai 1894), ne prenant même pas la peine de dissimuler les cadavres. Pendant 3 ans, il échappe à toute enquête en se déplaçant beaucoup (jusqu'à 60 km par jour à pied), traversant ainsi la France, de la Normandie au Tarn, via la Bourgogne et la vallée du Rhône tout en vivant de petits boulots de ferme en ferme. Vagabond, il parcourt la France et commet ses crimes au hasard de sa route.

Il est arrêté en flagrant délit d'« outrage aux bonnes mœurs » le 4 août 1897 à Champis (Ardèche) en tentant d'agresser une fermière, Mme Plantier : il s’était jeté sur elle, armé de son couteau. Celle-ci est sauvée par son mari (aidé de deux autres personnes) alerté par les cris de son épouse. Il est alors condamné à 3 mois de prison, mais le juge d’instruction local remarque que son physique correspond parfaitement au signalement de l'« Éventreur du Sud-Est » (surnommé aussi par la presse le « tueur de bergers ») recherché par le Juge d’instruction Émile Fourquet qui vient de prendre ses fonctions en avril 1897 à Belley dans l'Ain, alors que son emprise et ses errances passent pour l'essentiel par le nord-est de la France, la région du Rhône et de l'Ain. Il est donc conduit auprès de Fourquet par deux gendarmes. Le juge, en réalisant de grands tableaux décrivant tous les crimes similaires, se révèle comme un des premiers profileurs français.

Jugé dans une certaine hâte, après un quart d'heure de délibérations et sans tenir compte de ses graves antécédents médicaux (empoisonnement suivi d'une typhoïde), il est condamné à mort pour douze meurtres à l'âge de 29 ans seulement. L'affaire est très suivie par la presse. Il se comporte de manière excentrique durant son procès, portant un panneau autour du cou sur lequel est écrit « j'ai une balle dans la tête » et hurlant « Vive Jésus ! Vive Jeanne d'Arc », sans que l'on sache s'il s'agissait d'un authentique délire ou d'une volonté d'amadouer le jury en se faisant passer pour fou et en cherchant à susciter la pitié. On dit que la mort de son frère jumeau, alors qu'il avait huit mois (16/11/1869-15/7/1870. État-civil de Beaufort-38)), a pu avoir un lien psychologique avec ses attitudes (volonté de tuer son double, ou bien croire que son double tuait et violait, orchestrait en quelque sorte l'esprit de Joseph Vacher). On peut le soupçonner d'au moins 31 viols (souvent post mortem) et meurtres au total, homicides qui pour la plupart étaient empreints d'une infinie violence (étranglement, éviscérations, viols de cadavre, membres ou tête coupés, séquelles physiques gravissimes). Il violait souvent ses victimes et a semblé avoir une prédilection pour les jeunes garçons de 13 ou 14 ans.

Le 28 octobre 1898, il est condamné à mort par les assises de l'Ain. Il est guillotiné à Bourg-en-Bresse le 31 décembre 1898 par le bourreau Louis Deibler (dont ce fut la dernière exécution, sa démission devenant effective le 2 janvier suivant).

Les crimes avoués par Joseph Vacher


20 mai 1894, Beaurepaire (Isère), Eugénie Delhomme 21 ans, assassinée puis violée.
20 novembre 1894, Vidauban (Var), Louise Marcel 13 ans, fille de fermier, assassinée.
12 mai 1895, Étaules (Côte-d’Or), lieu-dit « Le bois de chêne » route 71, Augustine Mortureux 17 ans, assassinée.
24 août 1895, Saint-Ours (Savoie), Dame veuve Morand 58 ans, assassinée puis violée.
31 août 1895, Bénonces (Ain), Victor Portalier 15 ans, berger, assassiné puis violé.
22 septembre 1895, Truinas (Drôme), Aline Alaise 13 ans, assassinée.
29 septembre 1895, Saint-Étienne-de-Boulogne (Ardèche), Pierre Massot-Pelé 14 ans, berger, assassiné puis violé.
10 septembre 1896, Busset (Allier), Marie Mounier 19 ans, assassinée.
1er octobre 1896, Varennes-Saint-Honorat (Haute-Loire), Rosine Rodier 14 ans, bergère, assassinée.
mai 1897, Tassin-la-Demi-Lune (Rhône), Claudius Beaupied 14 ans, vagabond, assassiné.
18 juin 1897, Courzieu-la-Giraudière (Rhône), Jean-Pierre Laurent 14 ans, domestique de ferme, assassiné puis violé.

Filmographie

Le film Le Juge et l'Assassin réalisé par Bertrand Tavernier en 1976 est basé sur cette affaire. Michel Galabru y interprète le rôle de Joseph Vacher (renommé Joseph Bouvier) et Philippe Noiret le rôle du juge Émile Fourquet (renommé Émile Rousseau).






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Re: LES GRANDES AFFAIRES CRIMINELLES

Message par dieu60 le Dim 17 Fév - 23:26

Merci pour ces affaires criminelles que je ne connaissais pas Mickaël !
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http://la-tranquillite.fr

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Re: LES GRANDES AFFAIRES CRIMINELLES

Message par Michael Jackson 93 le Lun 18 Fév - 0:36

de rien Dieu merci à toi de m'avoir répondu c'est super gentil de ta part j'en mettrais d'autres car j'en ai pleins à mettre
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Re: LES GRANDES AFFAIRES CRIMINELLES

Message par Michael Jackson 93 le Lun 18 Fév - 17:35

AFFAIRE LANDRU (1915-1922)

Henri Désiré Landru (12 avril 1869 à Paris (XIXe arrondissement) – 25 février 1922 à Versailles) est un célèbre tueur en série et criminel français. Il fut surnommé « le Barbe-Bleue de Gambais ».

Information
Surnom Le Barbe-Bleue de Gambais
Naissance 12 avril 1869
Paris, (France)
Décès 25 février 1922 (à 52 ans)
Versailles, (France)
Cause du décès Décapitation
Condamnation 30 novembre 1921
Sentence Guillotine
Meurtres
Nombre de victimes 11
Période Février 1915 - 13 janvier 1919
Pays France
Régions Île-de-France, Haute-Normandie, Aquitaine
Villes Gambais, Vernouillet, Le Havre, Bordeaux
Arrestation 12 avril 1919

Origines

Henri Désiré Landru est le fils cadet de Julien Landru (suicidé au Bois de Boulogne le 28 août 1912), chauffeur aux Forges Vulcain, et de Flore Henriquel (décédée en 1910), couturière et blanchisseuse à domicile. Le couple avait déjà une fille, Florentine Marguerite Landru (née en 1854).

Il fréquente l'école des Frères à Paris et y fait de bonnes études, il officie comme sous-diacre à l'église Saint-Louis-en-l'Île et ses parents imaginent le séminaire pour lui. Il y rencontre Marie-Catherine Rémy, qu'il épouse le 7 octobre 1893 après son service militaire, accompli au 87e régiment d'infanterie de Saint-Quentin et au cours duquel il atteint le grade de sergent. Le couple aura quatre enfants :

Henriette (24 juin 1891), que Landru reconnaîtra à l'issue de son service militaire (1893) ;
Maurice Alexandre (4 mai 1894), qui importuné, devra changer à trois reprises son patronyme ;
Suzanne (7 avril 1896) ;
Charles (1er avril 1900).

Escroqueries

De 1893 à 1900, il pratique une dizaine de métiers (comptable, entrepreneur de travaux, cartographe…), puis fonde une prétendue fabrique de bicyclettes à pétrole avec laquelle il commet sa première escroquerie : il organise une campagne de publicité nationale, spécifiant que toute commande doit être accompagnée d'un mandat représentant un tiers du prix. Les commandes affluent alors qu'il n'a pas investi pour les fabriquer, et il disparaît avec l'argent sans jamais livrer les bicyclettes. Ces différents échecs l'affligent d'un sentiment de déréliction mythomaniaque.

Allant d'escroquerie en escroquerie, dissimulé sous de faux noms, il collectionne les condamnations à des peines d'amende et de prison (deux ans en 1904, treize mois en 1906), mais, après une tentative de suicide dans sa geôle, parvient à sortir de détention grâce aux expertises de médecins psychiatriques qui le déclarent dans « un état mental maladif qui, sans être de la folie, n'est plus du moins l'état normal ».

En 1909, il est condamné à trois ans de prison ferme pour escroquerie : à la suite d'une annonce matrimoniale, il avait fêté ses fiançailles avec une certaine Jeanne Izoret, puis s'était fait remettre les titres de celle-ci avant de disparaître.

Dès sa sortie de prison, il monte une nouvelle escroquerie, une carambouille : il achète un garage, qu'il revend immédiatement après sans avoir payé le précédent propriétaire. La justice l'identifie assez vite comme étant l'auteur de ce délit, et il prend la fuite. En 1914, il est condamné par défaut pour cette affaire à quatre nouvelles années de prison. S'agissant de sa quatrième condamnation à une peine de plus de trois mois, le verdict est assorti de la peine accessoire de relégation, c'est-à-dire qu'il est condamné à être déporté à vie au bagne de Guyane. Landru, qui a déjà connu la prison, sait que la détention en Guyane se passe dans des conditions extrêmement difficiles avec un taux de mortalité très élevé parmi les détenus. Il est dès lors possible, mais ce n'est là qu'une conjecture, que cette condamnation ait joué un rôle dans sa transformation en assassin : il ne pouvait tout simplement plus se permettre d'être reconnu par l'une de ses victimes.

L'affaire Landru

Pour se procurer des revenus, Landru va, à partir de 1915, franchir le pas qui le conduira à l'échafaud. Se faisant passer pour un homme veuf, esseulé et disposant d'une certaine aisance, il entreprend de séduire des femmes seules qui, sans être véritablement riches, possèdent quelques économies et surtout, mènent une vie suffisamment isolée de leur entourage. Simulant une prospérité qui n'est que de façade, il leur fait miroiter le mariage et les invite à séjourner brièvement dans une villa isolée qu'il loue, d'abord à Vernouillet, puis à Gambais (Seine-et-Oise, actuel département des Yvelines).

À force d'éloquence, il fait signer à ses victimes des procurations lui permettant ensuite de faire main basse sur leurs comptes bancaires. Il ne lui reste plus qu'à assassiner ces dames imprudentes, puis à faire disparaître les corps. On supposera par la suite qu'il les brûlait dans le fourneau des villas qu'il louait : bien qu'étant assez isolée, la maison de Gambais est suffisamment proche des autres habitations pour qu'à plusieurs reprises, l'attention du voisinage ait été attirée par certaines odeurs nauséabondes s'échappant de la cheminée à des périodes où le chauffage intensif n'était pas indispensable. Toutefois, comme Henri Landru se montre assez discret dans l'accomplissement de ses crimes, ces faits resteront dans l'ombre tant que n'éclatera pas l'affaire. De plus, il bénéficie du contexte trouble de la Première Guerre mondiale ; ainsi, alors qu'il est fiché comme escroc en fuite pour sa précédente condamnation, il peut se permettre sans vrai risque d'être arrêté, de rentrer de temps en temps auprès de sa femme et de ses enfants, qui le croient brocanteur, et qu'il fait profiter du produit de ses crimes.

Landru utilise une multitude de pseudonymes. Lorsque l'une de ses victimes lui demande des papiers d'identité afin d'organiser le mariage promis, il prétend être originaire des régions occupées par les Allemands, ce qui rend impossible la vérification de son identité. Qui plus est, la guerre augmente le nombre de femmes seules susceptibles d'être ses victimes.

Selon la psychiatre des hôpitaux Francesca Biagi-Chai qui a repris les expertises judiciaires de l'époque, c'est ce contexte de guerre qui transforme la psychose latente ordinaire de Landru en schizophrénie mortifère : puisque les soldats tuent pour une raison, cet homme cultivé, soucieux de subvenir aux besoins de sa famille mais aussi amoureux d'une chanteuse dont il a été l'amant, trouve lui aussi une raison économique de tuer en série des femmes pourtant pas très riches.

Début de l'affaire

À la fin de 1918, le maire de Gambais reçoit une lettre d'une certaine Mme Pellat, lui demandant des nouvelles d'une Mme Anne Collomb qui, fiancée à un M. Dupont, s'était établie avec lui à Gambais ; le maire répond qu'il ne connaît pas cette personne. Quelque temps plus tard cependant, l'édile reçoit une lettre d'une certaine Mlle Lacoste, qui lui demande des nouvelles de sa sœur, Célestine Buisson, laquelle se serait également installée à Gambais avec un M. Frémyet.

Frappé par la similitude de ces demandes, le maire met en contact les deux familles qui se rendent compte que Dupont et Frémyet semblent être la même personne, et s'unissent pour porter plainte contre X auprès du parquet de la Seine.

Une enquête de police permet alors d'établir que la villa en question baptisée « l'Ermitage », appartient à un certain Monsieur Tric, qui la loue à un Monsieur Frémyet, résidant à Rouen. Les recherches sur cette personne demeurent vaines jusqu'à ce que, le 11 avril 1919, la parente de l'une des disparues reconnaisse le mystérieux homme sortant d'un magasin de faïences rue de Rivoli à Paris. Alertée, la police parvient à localiser l'individu, nommé Lucien Guillet ; celui-ci est arrêté à son domicile rue Rochechouart, le 12 avril 1919, jour de ses cinquante ans, par les policiers Braunberger et Belin l'accusant d'escroquerie et d'abus de confiance.

Instruction

L'examen des papiers personnels de Landru — et en particulier son carnet de comptes, méticuleusement tenu — révèle une vaste opération d'escroquerie au mariage : pas moins de 283 femmes sont entrées en contact avec Landru suite à des annonces matrimoniales passées par celui-ci dans des journaux. Dans le carnet, la découverte par le commissaire Dautel des noms de dix femmes déclarées officiellement disparues, conduit le juge Bonin à inculper Landru de meurtres en mai 1919.

Des perquisitions ont lieu chez Landru, 22 rue de Châteaudun à Paris mais aussi dans les deux villas qu'il louait successivement, à Vernouillet, puis à Gambais, conduisant à la découverte de débris humains dans un tas de cendres retrouvé dans un hangar, dans la cheminée, dans la cuisinière ; on trouve également des agrafes, des épingles, des morceaux de corset, des boutons en partie brûlés. En tout, la police retrouve 4,176 kg de débris d'os calcinés, dont 1,5 kg provenant de corps humains, ainsi que 47 dents ou fragments de dents.

Le 28 juin 1919, les enquêteurs Kling et Beyle font brûler dans la cuisinière une tête de mouton et un gigot de sept livres : ils constatent que le tirage est excellent et que la graisse de la viande assure une parfaite combustion.

De même, les enquêteurs retrouvent dans un garde-meubles loué par Landru des meubles ayant appartenu à l'une des victimes.

Les papiers personnels de Landru sont examinés, en particulier sa comptabilité, qui révèle l'achat de plusieurs scies à métaux et scies à bûches ; les noms des fiancées y sont même associés à des heures qui paraissent, pour les enquêteurs, constituer les heures des crimes (« 12 avril 1917 Mlle Babelay 4 h soir ; 1er septembre 1917 Mme Buisson 10 h 15 ; 26 novembre 1917 Mme Jaume 5 h ; 5 avril 1918 Mme Pascal 17 h 15 »).

L'un des éléments les plus accablants est fourni par des reçus de billets de train : Landru achetait, lors de ses déplacements en train à Vernouillet ou Gambais, un aller-retour (pour lui) et un aller simple (pour la fiancée).

Il semble aujourd'hui acquis, tant par les analystes que par les historiens, que les victimes étaient découpées et que les corps (tronc, jambes, bras) étaient soit enterrés dans des bois, soit jetés dans des étangs tandis que les têtes, mains et pieds étaient incinérés (vraisemblablement dans la cuisinière de la villa).

Le 18 août 1920, le juge Bonin récapitule toutes les charges : le dossier est si volumineux que le substitut Gazier, chargé d'établir le réquisitoire définitif, profite des vacances du juge Bonin pour l'étudier dans le cabinet du magistrat. Le dossier contient en tout plus de 5 000 pièces sans preuve.

Les victimes

Landru est accusé du meurtre de onze personnes :

février 1915 : Jeanne-Marie Cuchet (ou Georgette Cuchet) née Jamast, lingère, veuve d'un commerçant, 39 ans, disparue à Vernouillet ;
février 1915 : André Cuchet, fils de Jeanne Cuchet, 17 ans, vendeur dans une lingerie, disparu à Vernouillet ;
26 juin 1915 : Thérèse Laborde-Line, née le 12 août 1868 à Chascomus (Argentine), séparée d'un mari aubergiste, disparue à Vernouillet ;
3 août 1915 : Marie-Angélique Guillin, née Pelletier le 15 avril 1863 à Bellavilliers (Orne), ancienne gouvernante, disparue à Vernouillet ;
8 décembre 1915 : Berthe-Anna Héon, 55 ans, née au Havre, veuve, femme de ménage ;
27 décembre 1916 : Anne Collomb, 44 ans, veuve, secrétaire dans une compagnie d'assurances, disparue à Gambais ;
12 avril 1917 : Andrée-Anne Babelay, 19 ans, domestique chez une cartomancienne, disparue à Gambais ;
19 août 1917 : Célestine Buisson, veuve, femme de ménage, disparue à Gambais ;
26 novembre 1917 : Louise-Joséphine Jaume, 38 ans, séparée de son époux et en instance de divorce, disparue à Gambais ;
5 avril 1918 : Anne-Marie Pascal, 33 ans, divorcée, couturière, disparue à Gambais ;
13 janvier 1919 : Marie-Thérèse Marchadier, née le 7 octobre 1881 à Bordeaux, ancienne prostituée tenancière d'une maison de passes rue Saint-Jacques, à Paris, connue sous le nom de la belle Mytèse, disparue à Gambais (la police retrouvera les cadavres de ses trois chiens, étranglés).

Le procès

Le procès qui passionna les contemporains s'ouvre le 7 novembre 1921 devant la cour d'assises de Seine-et-Oise siégeant à Versailles. La cour est présidée par le président Gilbert assisté de Messieurs Schuler et Gloria, assesseurs ; M. Godefroy officie comme avocat général ; Landru choisit comme avocat Maître Vincent de Moro Giafferi, assisté de Maître Auguste Navières du Treuil tandis que les parties civiles sont représentées par Maîtres Lagasse et Surcouf.

Le procès attire le Tout-Paris : Mistinguett, Raimu, Berthe Bovy ou Colette.

La cuisinière dans laquelle il était supposé avoir fait brûler les corps de ses victimes est même transportée dans la salle d'audience.

Landru nie jusqu'au bout être l'auteur des crimes dont on l'accuse, concédant toutefois avoir volé et escroqué ses supposées victimes. Il fait preuve à diverses reprises d'une éloquence souvent provocante devant la Cour, allant, par exemple, jusqu'à s'exclamer : « Montrez-moi les cadavres ! ». Landru est également renommé pour certaines de ses réparties :

À l'huissier chargé de lui remettre la liste des jurés : « Il n'est pas vraiment utile de se déranger surtout un dimanche, pour si peu de choses ».

Au président : « Ma mémoire est surmenée par ces longs débats » — « Chaque fois qu'on voit sur mon carnet un chiffre en haut d'une page, on en déduit que ce fut l'heure où j'accomplissais un crime ! » — (le président) « Voyons Landru, toutes ces femmes ... vos enfants ne disaient rien ? » — (Landru) « Quand je donne un ordre à mes enfants, moi, monsieur le Juge, ils obéissent. Ils ne cherchent pas le pourquoi ni le comment. Je me demande comment vous élevez les vôtres ! »

« Vous parlez toujours de ma tête, Monsieur l'avocat général. Je regrette de n'en avoir pas plusieurs à vous offrir ! »

« Moi ? J'ai fait disparaître quelqu'un ? Eh bien, ça alors ! Si vous croyez ce que racontent les journaux ! »

(Le président) « Vous pleurez Landru : vous éprouvez le besoin de libérer votre conscience ? » — (Landru) « Oui, je pleure mes fautes, je me repens... j'ai des remords... je pleure parce que je pense qu'avec tout le scandale fait autour de mon nom, on a appris à ma pauvre femme que je l'avais trompée. »

« Si les femmes que j'ai connues ont quelque chose à me reprocher, elles n'ont qu'à déposer plainte ! »

Alors que Landru vient de déclencher l'hilarité du public par une nouvelle repartie, le président menace : « Si les rires continuent, je vais demander à chacun de rentrer chez soi ! », ce à quoi Landru réplique : « Pour mon compte, monsieur le Président, ce n'est pas de refus ».

Son avocat maître Moro Giafferi le défend avec talent. Une scène mémorable eut lieu pendant sa plaidoirie, où il affirma que des victimes avaient été retrouvées et allaient venir se présenter devant la cour d'assises. Le public et les jurés tournèrent la tête vers la porte que le « ténor du barreau » avait alors désignée, et après avoir laissé planer le suspense, souligna le fait que tous ceux qui avaient tourné la tête vers la sortie avaient ainsi démontré leur manque de conviction concernant la réalité des assassinats imputés à son client, mettant en évidence l'absence de preuves formelles contre Landru, faute de cadavre retrouvé. L'avocat général rétorqua du tac au tac que Landru, lui, n'avait pas tourné la tête vers la porte…

Mais, face à une série de témoignages accablants et un faisceau de présomptions convaincantes, Giafferi ne peut lui éviter d'être condamné à mort le 30 novembre 1921.

Le 24 février 1922, Alexandre Millerand, président de la République, rejette le recours en grâce déposé.

Landru est guillotiné à l'entrée de la prison de Versailles à l'aube du 25 février 1922 par le bourreau Anatole Deibler. Landru a demandé comme dernière volonté de pouvoir se laver les pieds, ce qui lui a été refusé par peur d'un suicide. Peu avant son exécution, alors qu'on lui propose un verre de rhum et une dernière cigarette, Landru décline l'offre et répond : « Ce n'est pas bon pour la santé. ». À son avocat qui, au pied de l'échafaud, lui demandait si, finalement, il avouait avoir assassiné ces femmes, Landru répondit : « Cela, Maître, c'est mon petit bagage... ».

Il fut enterré dans la partie réservée aux condamnés à mort du cimetière des Gonards à Versailles, le législateur ayant fait supprimer l'inscription pour éviter la curiosité, son corps aurait été par la suite récupéré par la famille et inhumé discrètement ailleurs.

Conséquences de l'affaire

Fernande Segret

Fernande Segret, dernière maîtresse de Landru, avec laquelle il vivait conjugalement lors de son arrestation, artiste lyrique, fit carrière dans un cabaret parisien, puis partit travailler comme institutrice au Liban. Le 21 janvier 1968, elle se jeta dans les douves du château de Flers, non loin de la maison de retraite où elle s'était retirée. Dans sa chambre, il y avait deux photos : l'une de sa mère, l'autre de Landru.

La famille Landru dut changer de nom pour mener une vie tranquille.

Reliques

La Villa Tric de Gambais fut pillée par la foule, puis vendue à un restaurateur qui la rebaptisa Au Grillon du Foyer et aménagea une partie de la bâtisse en musée. Le restaurant ferma ses portes en 1940 et la maison fut ensuite revendue à des particuliers.

La cuisinière de la villa de Gambais aurait été acquise dans un premier temps par un collectionneur américain. Deux journaux français des années 1950 affirment au contraire qu'elle aurait été vendue aux enchères le 23 janvier 1923 au palais de justice de Versailles pour 4 200 francs, à Anglade, directeur du Musée Grévin, la fonction du commissaire-priseur étant tenu par Béguin, receveur des Domaines en Seine-et-Oise. Depuis, elle a été rachetée par l'animateur, producteur et humoriste Laurent Ruquier. Passionné par le personnage, il a écrit une pièce sur le sujet, en 2005, mise en scène par Jean-Luc Tardieu au théâtre Marigny avec Régis Laspalès dans le rôle principal.

Les cendres retrouvées dans le jardin de Gambais furent inhumées au pied d'un saule pleureur du Jardin des Plantes de Paris.

Théâtre


En décembre 2005, une pièce écrite par Laurent Ruquier, Landru, est jouée sur les planches du théâtre Marigny avec dans le rôle titre Régis Laspalès.
En 2003, le personnage et ses facéties ont encore inspiré une pièce de théâtre Landru et Fantaisies de Christian Siméon, aux éditions de l'Avant-scène Théâtre. Elle met en scène sous forme de flash-backs les rencontres de Landru avec ses victimes et Fernande Segret, sa maîtresse. Mais on assiste surtout à l'aube de sa mort à la confrontation avec son bourreau, Anatole Deibler, un autre tueur « public ».

Télévision

L'Affaire Landru, téléfilm réalisé par Jean Prat et diffusé le 1er mars 1957 dans le cadre de la série En votre âme et conscience.
Le 19 septembre 2005, TF1 présente un téléfilm, Désiré Landru, de Pierre Boutron avec Patrick Timsit dans le rôle principal.

Cinéma


Landru, der Blaubart von Paris (1922), film autrichien muet réalisé par Hans Otto l'année même de l'exécution de Landru, est la première fiction cinématographique consacrée à celui-ci.
Sur un synopsis d'Orson Welles qui le lui vendit, Charlie Chaplin s'inspira de l'affaire Landru pour composer le personnage principal de son film Monsieur Verdoux (1948), ajoutant à l'histoire originale une trame sociale inspirée de la crise de 1929. Il présentait son héros comme une sorte de victime de la crise et lui donnait même des dehors sympathiques.
La Dixième Femme de Barbe Bleue (1960) est un film britannique réalisé par W. Lee Wilder. George Sanders y tient le rôle du meurtrier Landru, renommé « Henry Jackson » dans la version française. La version belge du film s'intitule Landru.
Claude Chabrol réalisa à son tour un film intitulé Landru, sorti le 25 janvier 1963. Le scénario, inspiré des reconstitutions les plus plausibles de l'affaire, était signé de Françoise Sagan. Le rôle du criminel était dévolu à Charles Denner.
Dans le film Un singe en hiver, le brocanteur se fait appeler Landru, car il a eu deux femmes qui sont mortes prématurément.










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Re: LES GRANDES AFFAIRES CRIMINELLES

Message par Michael Jackson 93 le Lun 18 Fév - 17:50

AFFAIRE SEZNEC (1923)

L’affaire Seznec est une affaire criminelle dans laquelle Guillaume Seznec a été reconnu coupable du meurtre de Pierre Quéméneur. Le jugement a fait l’objet de plusieurs demandes de révision qui ont toutes été rejetées.

L'affaire

Joseph Marie Guillaume Seznec, né le 1er mai 1878, à Plomodiern, dans le Finistère, maître de scierie à Morlaix, a été reconnu "coupable de faux en écriture privée et du meurtre de Pierre Quéméneur", conseiller général du Finistère. Ce dernier a disparu durant un voyage d'affaires effectué entre la Bretagne et Paris avec Guillaume Seznec, voyage lié (selon ce dernier) à la vente à l'Union soviétique des stocks de voitures Cadillac rétrocédés à la France par l'armée américaine après le premier conflit mondial. Étant la dernière personne à avoir vu Quéméneur vivant (selon une première enquête), Guillaume Seznec devint le principal suspect : il fut arrêté, inculpé et incarcéré ; et ce, bien que plusieurs témoins aient affirmé lors du procès avoir croisé Pierre Quéméneur après sa disparition, et que son corps n'ait jamais été retrouvé.

Le procès de Seznec, au cours duquel près de 120 témoins furent entendus, dura huit jours et prit fin le 4 novembre 1924. L'accusé fut alors reconnu coupable, mais, la préméditation étant écartée, il fut condamné aux travaux forcés à perpétuité alors que l'avocat général avait demandé la peine de mort. Il fut ensuite conduit au camp de la Transportation de Saint-Laurent-du-Maroni en 1927, puis transféré au bagne des Îles du Salut en Guyane française en 1928. Plusieurs ouvrages témoignent de la dureté du bagne entretenu par la république française en Guyane (Albert Londres ; Au bagne. Claude Sylvane ; Notre bagne. Denis Seznec ; Seznec, le bagne ; Laffont. L'affaire Seznec en photos des assises au bagne ; Laffont).

Guillaume Seznec a refusé une grâce présidentielle en 1933. Après la Seconde Guerre mondiale et la fermeture du bagne de Guyane, Guillaume Seznec bénéficie d'une remise de peine en mai 1946, il rentra en France métropole l'année suivante. En 1953, à Paris, il fut renversé par une camionnette qui prit la fuite. Retrouvé, son chauffeur prétendit qu'il n'avait rien vu. Guillaume Seznec mourut le 13 février 1954 des suites de ses blessures et sa dernière phrase a été "maman, on m'a trop fait souffrir".

Chronologie et résultats de l'instruction de l'époque

La chronologie des événements

Le 25 mai 1923, après avoir passé la nuit à l'« hôtel de Paris », à Rennes, Guillaume Seznec et Pierre Quéméneur prennent la route de Paris à bord d'une voiture de marque Cadillac. Selon Seznec, Quéméneur doit rencontrer le lendemain à huit heures un certain Chardy ou Sherdly, premièrement Charley. Quéméneur avait indiqué à sa famille qu'il serait de retour le 28 mai. Au bout de quelques jours, la famille Quéméneur s'inquiète et va trouver Seznec pour lui demander des nouvelles. Il leur répond que, à la suite d'une panne de voiture, il a laissé Quéméneur à la gare de Dreux, où celui-ci a pris le train pour Paris. Il raconte ses ennuis successifs avec la cadillac qui devait être la première livrée à Charley.

Le 13 juin, un télégramme signé Quéméneur est envoyé du Havre, principal port de départ vers l'Amérique avec le texte suivant : « Ne rentrerai Landerneau que dans quelques jours tout va pour le mieux - Quéméneur ». Le 20 juin, un employé de la gare du Havre, Joseph Hélonis, découvre une valise – « j'ai remarqué que la valise avait été fracturée » – écrira-t-il dans sa déclaration, avec des papiers au nom de Quéméneur et en informe sa famille.

Le 22 juin, une instruction pour disparition suspecte est ouverte à Brest. Dans le cadre de cette instruction, la valise est saisie. Elle contient notamment une promesse de vente dactylographiée (ce qui à l'époque est rare) portant sur une vaste propriété avec manoir situé à Traou-Nez sur la commune de Plourivo près de Paimpol, appartenant à Quéméneur, au bénéfice de Seznec et pour une somme de 35 000 francs de l'époque, soit 33 500 euros (valeur 2009), sans rapport avec le prix d'un tel bien, mais que Quémeneur avait néanmoins acquis 3 ans plus tôt pour la somme de 25 000 francs, ce qui n'est donc pas si étonnant (cette propriété sera vendue 155 000 francs en 1925).

Le 26 juin, Seznec est entendu par les gendarmes. Il explique que cette promesse de vente a été rédigée par Quéméneur et lui a été consentie contre la remise de 4 040 dollars-or qu'il venait de changer à Brest, les 35 000 francs ne représentant que le solde du prix de vente. Cette remise a eu lieu sans témoin. Selon Seznec, Quéméneur aurait eu besoin de liquidités pour traiter l'affaire des Cadillac qui l'appelait à Paris ; Seznec n'en sait pas plus, car, dit-il, dans l'affaire, son rôle s'est limité à recevoir pour Quéméneur des courriers adressés sur des enveloppes à en-tête de la chambre de commerce américaine de Paris. Mais ainsi Seznec pouvait faire d'une pierre deux coups : aider Pierre Quémeneur et se rendre propriétaire de la maison que Pierre Quémeneur lui avait déjà fait visiter.

Il raconte le détail du voyage vers Paris, et comment, la voiture tombant régulièrement en panne, il ne pouvait pas décemment la laisser à Charley, il a dû laisser Quéméneur à Dreux et est rentré à Morlaix où il l'a portée au chauffeur de son camion, M. Sansom, qui réparait gratuitement les voitures de Seznec, c'était son métier.

Le résultat de l'instruction de l'époque

Comme huit témoins ont vu Seznec et Quéméneur ensemble à Houdan, à 60 km de Paris ; ils ont repris la route ensemble. Quéméneur n'a donc pas quitté Seznec à Dreux, mais bien à Houdan. Pourtant Seznec affirme qu'il y avait un café dans la cour de la gare, et un poteau métallique devant ledit café où la voiture s'est heurtée, ce qui a réveillé Seznec. Et cette description peut correspondre à la gare de Dreux.

Un témoin a vu Seznec seul au volant de sa voiture, au petit matin du jour suivant, à La Queue-lez-Yvelines, à 15 km d'Houdan sur la route de Paris. Ce témoin l'a aidé avec sa voiture en panne. Seznec reconnait ce fait.

L'épouse de Seznec confirme que son mari a quitté son domicile le 12 juin en voiture. M° Bienvenu, avocat à la cour de Rennes, déclare au commissaire de police que Seznec, le 13 juin au matin était chez lui. Le 14 juin, Seznec est à Plouaret, une veuve et son fils l'ont vu prendre son camion.

Selon plusieurs témoins, Seznec aurait été aperçu au Havre le 13 juin, jour de l'envoi du télégramme signé Quéméneur depuis cette ville. Il y aurait acheté la machine à écrire qui a servi à taper la promesse de vente. Cinq témoins ont confirmé ces faits. Il aurait utilisé un nom d'emprunt lors de ce séjour. Mais ils parlent d'un homme qui a les mains velues, et Seznec suite à un incendie a les mains dépourvues de poils.

D'après la police, Seznec aurait été vu le même jour à la gare de Paris-Montparnasse à Paris, à 21 heures, où il prenait le train pour Plouaret. Seznec nie en bloc.

Le 14 juin au petit matin, il aurait récupéré sa voiture à Plouaret, soit dans l'heure qui a suivi l'arrivée du train où il aurait été vu la veille.

La police finit par découvrir le 6 juillet la machine à écrire ayant servi à rédiger les promesses de vente au cours de la troisième perquisition dans la scierie de Seznec. Perquisition improvisée après un coup de téléphone d'un anonyme, qui indiquait l'endroit exact de la machine à écrire.

Des experts examinent la machine. Ils concluent qu'elle a bien servi à rédiger les promesses de vente (dont l'une aurait été remise par Seznec aux policiers parisiens, mais ce n'est pas la même) et que les mentions manuscrites prétendues écrites par Quéméneur sont en fait fausses.

Dans la valise récupérée au Havre, il y avait également un carnet de dépenses, mentionnant notamment des billets de train Dreux-Paris et Paris-Le Havre, avec des prix erronés.

Tentative de révision du procès

Durant tout son procès et pendant les années qui lui restent à vivre, Seznec ne cessa de clamer son innocence. Ses descendants, et notamment son petit-fils Denis Le Her-Seznec (Denis Seznec), ont régulièrement sollicité la justice pour rouvrir le dossier, afin de le blanchir des accusations portées contre lui et obtenir sa réhabilitation.

Afin de soutenir cette action, Denis Seznec, ses proches et ses sympathisants ont fondé à Paris en 1995 France Justice, association sous la loi de 1901. Cette association est membre du Comité français des organisations non gouvernementales (ONG) auprès de l'ONU.

L'action efficace de France Justice (relayée par les médias) est à l'origine de la loi du 23 juin 1989 dite "loi Seznec", votée à l'unanimité au Parlement (fait rare). Elle modifie la procédure de révision des cas jugés en assise. Pour cela il faut « des faits nouveaux mettant en doute la culpabilité. » Signalons que sur les 2000 affaires ayant donné lieu à une procédure de révision, deux tiers ont été rejetées et le dernier tiers a été débouté.

La notoriété de France Justice lui a permis d'attirer des personnalités : avocats célèbres, des parlementaires, le chanteur Yves Duteil (descendant du capitaine Dreyfus) et quelques-uns des innocentés comme Patrick Dils ou ceux innocentés lors du procès dit d'Outreau (Alain Marécaux, ...)

Pour réhabiliter Guillaume Seznec quatorze demandes ont été examinées par la justice et ont toutes été rejetées.

La commission de révision des condamnations pénales a accepté, le 11 avril 2005, de rouvrir le dossier de la condamnation pour meurtre de Guillaume Seznec. Cette décision pouvait ouvrir la voie à une éventuelle annulation de la condamnation prononcée en 1924 à son encontre. La Chambre criminelle de la Cour de cassation, statuant comme cour de révision, a examiné ce dossier le 5 octobre 2006.

Lors de cette audience, le bénéfice du doute au profit de Guillaume Seznec a été demandé en évoquant plus particulièrement la possibilité d'une machination policière de l'inspecteur stagiaire Pierre Bonny (révoqué en 1935 de la police française pour fautes graves, condamné pour corruption, puis adjoint plus tard de Henri Lafont, le chef de la Gestapo française) dont le supérieur hiérarchique, le commissaire Vidal, fut chargé de l'enquête. De son côté le conseiller rapporteur Jean-Louis Castagnède a soutenu l'opinion inverse, arguant d'une part que cette manipulation lui semblait improbable du fait du faible nombre d'actes établis par Bonny (5 sur 500) et, d'autre part, que les expertises sollicitées par la Cour de cassation avaient établi que Guillaume Seznec était bien l'auteur de la fausse promesse de vente de la propriété de Quéméneur sise à Plourivo.

Le 14 décembre 2006, l'annulation de la condamnation de Seznec a été rejetée par la Cour de révision qui a estimé qu'il n'y avait aucun élément nouveau susceptible de faire naître le doute sur la culpabilité de Guillaume Seznec, constatant que l'existence d'une machination policière telle qu'alléguée est matériellement impossible et que la participation de l'inspecteur Bonny à une machination policière n'a pas été prouvée. Cette affaire semble close, une nouvelle demande de révision étant improbable. La famille Seznec avait dans un premier temps manifesté l'intention de saisir la Cour européenne des droits de l'homme, mais sur les conseils de ses avocats, elle y a renoncé.

Adaptations et mises en scène

Télévision

L'Affaire Seznec, téléfilm d'Yves Boisset (1993), d'après le livre de Denis Langlois (L'Affaire Seznec, Plon, 1988), avec Christophe Malavoy dans le rôle principal de Guillaume Seznec et Jean Yanne dans celui de Pierre Quémeneur.

Théâtre


Seznec - Un procès impitoyable, Pièce de Robert Hossein présentée au Théâtre de Paris, du 26 janvier au 4 avril 2010, avec Philippe Caroit dans le rôle de Guillaume Seznec.

La pièce est une adaptation du procès en Cour d'assises, réalisée d'après le dossier d'instruction, fourni par l'un des avocats de la famille Seznec, Me Baudelot, et les journaux de l'époque. Invité à se prononcer, à l'issue de la pièce, sur la culpabilité ou l'innocence de Seznec, le public a systématiquement « acquitté » le prévenu à plus de 90 % en moyenne.

Musique

Une partie de l'album Portraits du groupe Tri Yann reprend l'histoire de l'affaire Seznec.










source :

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Re: LES GRANDES AFFAIRES CRIMINELLES

Message par Michael Jackson 93 le Lun 18 Fév - 18:02

AFFAIRE PETIOT (1941-1946)

Marcel André Henri Félix Petiot, dit le Docteur Petiot alias capitaine Valéry, né le 17 janvier 1897 à Auxerre (Yonne) et guillotiné le 25 mai 1946 à Paris, était un médecin français qui fut accusé de meurtres après la découverte à son domicile parisien des restes de vingt-sept personnes au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale.

Information
Nom de naissance Marcel André Henri Félix Petiot
Surnom Docteur Petiot
Naissance 17 janvier 1897
Auxerre
Décès 25 mai 1946
Paris
Cause du décès Guillotiné
Condamnation 1946
Sentence Condamné à mort
Meurtres
Nombre de victimes 27 ou 63
Pays France
Arrestation 31 octobre 1944

Jeunesse

Né le 17 janvier 1897 à Auxerre, il est le fils d'un fonctionnaire des postes ; son oncle, Gaston Petiot, est professeur de philosophie au collège d'Auxerre. Dès son enfance, il manifeste des signes de violence, allant jusqu'à étrangler un chat après lui avoir plongé les pattes dans l'eau bouillante ou tirant au revolver sur ceux-ci. Toutefois, il manifeste une grande intelligence, à 5 ans il lit comme un enfant de 10 ans, et une forte précocité, distribuant des images obscènes en cours dès l'âge de 8 ans. Internée à Saint-Anne pour une pathologie psychiatrique, sa mère meurt lorsqu'il a 12 ans. Il est par la suite renvoyé de plusieurs écoles pour indiscipline. À 17 ans, il est arrêté pour vol. Il ne sera jamais condamné, un psychiatre l'ayant déclaré inapte à être jugé, estimant qu'il avait une personnalité bipolaire, inadaptée socialement et anormale.

Enrôlé en 1916, il est blessé pendant la Première Guerre Mondiale d'un éclat de grenade au pied 6 mois après. Accusé de vol de couverture à l'hôpital où il était soigné, il fait un premier séjour à la prison militaire d'Orléans avant d'être transféré dans le service psychiatrique de l'hôpital de Fleury-les-Aubrais où les psychiatres le déclarent neurasthénique, déséquilibré mental, dépressif paranoïaque et sujet à des phobies. Il est tout de même renvoyé au front en 1918, blessé une nouvelle fois, et révoqué pour troubles psychiatriques. Les anciens combattants bénéficiant d'un accès facile aux études, il obtient son diplôme de médecine le 15 décembre 1921 de la Faculté de Paris, mention très bien. En 1922, il ouvre un cabinet médical à Villeneuve-sur-Yonne où il devient rapidement populaire auprès des gens (notamment grâce à des consultations et des vaccinations gratuites offertes aux indigents), mais se fait remarquer par ses tendances à la cleptomanie.

En 1926, la population découvre la liaison qu'il entretient avec la fille d'une de ses patientes. Peu de temps après, la maison de la jeune fille est incendiée. Elle-même disparaît sans laisser de trace. On retrouvera un corps décomposé et non identifiable. En supposant qu'il s'agissait d'elle, aucun lien avec le docteur Petiot ne peut être dégagé.

Élu maire de façon douteuse en juillet 1926, il épouse Georgette Lablais, fille d'un commerçant notable de la ville. Rapidement, il est cité devant les tribunaux pour plusieurs délits : fausses déclarations d'assurance maladie, détournements de fonds, vol d'électricité. Il est finalement révoqué de ses fonctions de maire en 1931 et est élu conseiller général. Il sera définitivement privé de tout mandat électif en 1934.

Dès ce moment, les rumeurs commencent sur des disparitions inexpliquées. En 1933, Marcel Petiot signe le décès d'un témoin important dans une affaire de meurtre où il était lui-même impliqué, après la visite de ce dernier à son cabinet. Poursuivi par la justice pour divers délits, il part la même année s'installer à Paris.

Le cabinet macabre

En 1933, arrivé dans la capitale. Il y ouvre un cabinet médical au no 67 rue de Caumartin au premier étage -ironie du sort - au-dessus d'un magasin d'objets pieux et de culte. En 1936, il est arrêté pour vol à l'étalage dans la librairie Joseph Gibert, dans le quartier latin. Il se justifiera devant les juges en disant qu'un "génie ne se préoccupe pas de basses choses matérielles !". Il échappe à la prison en se faisant reconnaître aliéné mental. Il est alors interné à la Maison de santé d'Ivry.

Après sa sortie, en mai 1941, il fait l'acquisition d'un hôtel particulier, situé au no 21 rue Le Sueur. Détail piquant : au même moment sort sur les écrans le premier film de Clouzot, L'assassin habite au 21. Il y réalisera d'importants travaux : il fait surélever le mur mitoyen, afin de barrer la vue de la cour et transforme les communs en cabinet médical. Lors de fouilles, la police découvrira une cave complètement aménagée, des doubles-portes, une chambre à gaz dont la porte était équipée d'un judas pour regarder l'agonie de ses victimes, ainsi qu'un puits rempli de chaux vive.

À partir de 1943, il propose à des personnes menacées de poursuites par la Gestapo de les faire passer clandestinement en Argentine ; ces personnes sont convoquées de nuit, rue Le Sueur, avec une valise contenant bijoux, numéraires, argenterie… sous le nom de « docteur Eugène » il organise ainsi un réseau et recrute des rabatteurs, un coiffeur et un maquilleur de théâtre. Malgré tout, les prétendants au voyage disparaîtront mystérieusement, et n'atteindront donc jamais l'Amérique du Sud, y compris Yvan Dreyfus, prisonnier envoyé par la Gestapo pour infiltrer le réseau du « docteur Eugène ».
Le premier à disparaître est Joachim Guschinow, un voisin du docteur qui aurait apporté l'équivalent de 300.000 euros en diamants avec lui. S'attaquant d'abord aux personnes seules, il s'en prend bientôt à des familles entières, proposant des "tarifs de groupe". Les victimes sont essentiellement des juifs, mais on y trouve aussi des malfrats, désireux de se mettre au vert, puis parallèlement aux disparitions de ces gens fuyant la France, d'autres personnes présentant des risques de dénonciation et étant en relation avec le docteur finissent aussi par disparaître.
Les services allemands ayant découvert son réseau grâce à un deuxième indicateur, Béretta, Petiot est arrêté et torturé pendant 8 longs mois à la prison de Fresnes, il ne dira jamais rien. Et pour cause, il n'a aucun lien avec la Résistance. Libéré pour manque de preuves, il décide de faire disparaître les indices compromettants, jugeant que cela devenait trop dangereux pour lui.

Le 11 mars 1944, les pompiers sont alertés par des voisins incommodés depuis plusieurs jours par les odeurs s'échappant d'une cheminée de l'immeuble de la rue Le Sueur. Après avoir appelé Petiot chez lui et vainement attendu son arrivée, ils fracturent une fenêtre et pénètrent dans l'immeuble. Ils sont vite alertés par l'odeur et le ronflement d'une chaudière et, descendant dans la cave, découvrent des corps humains dépecés, prêts à être incinérés. Arrive alors Petiot qui, se faisant passer pour son frère, constate la situation et quitte la scène des crimes. Une autre version raconte que, présent, il se justifia en affirmant que tous les corps étaient les cadavres de nazis qu'il avait tués lui-même, mystifiant ainsi les policiers qui le laissent partir. Libéré ainsi sur parole, il se volatilise.

Lors de perquisitions, on découvrira soixante-douze valises et 655 kilos d'objets divers, parmi lesquels un pyjama d'enfant (qui sera reconnu comme étant celui du petit René Kneller, disparu avec ses parents).

Arrestation et procès

En fuite de nouveau, Petiot s'engage dans les Forces françaises de l'intérieur sous le nom de "Valéry" ; devenu capitaine, il est affecté à la caserne de Reuilly. À la libération, un mandat à son nom est publié. Il reste pourtant introuvable. Ce n'est que lorsqu'un article parle de lui comme Petiot, soldat du Reich (écrit par Jacques Yonnet en septembre 1944) qu'il commet une imprudence. Sa mégalomanie prend le dessus : il se fend d'un droit de réponse et écrit une lettre manuscrite au journal Résistance. De là, la police en déduit qu'il est toujours caché à Paris au sein même de la Résistance française. Il est arrêté le 31 octobre 1944 dans une station de métro.

Jugé du 18 mars au 4 avril 1946 pour vingt-sept assassinats, il en revendique soixante-trois lors de son procès. Il se défend en proclamant qu'il s'agit de cadavres de collaborateurs et d'Allemands et proclamera jusqu'au bout avoir tué "pour la France". Toutefois, il reste incapable d'expliquer comment un pyjama d'enfant s'est retrouvé dans les affaires dérobées à ses victimes, ni comment des innocents attestés faisaient partie des corps retrouvés.

Malgré une très longue plaidoirie (qui dure six heures) de son avocat, maître René Floriot, Petiot est condamné à mort et guillotiné le 25 mai 1946 à la prison de la Santé à Paris par le bourreau Jules-Henri Desfourneaux. À l'avocat général qui vient de le réveiller pour l'exécution, Petiot rétorque : « Tu me fais chier ». Puis plus tard devant la guillotine : « Ça ne va pas être beau ». Au magistrat qui lui demande, au moment d'aller au supplice, s'il a quelque chose à déclarer, il répond : « Je suis un voyageur qui emporte ses bagages ». D'après les témoins, il meurt un sourire aux lèvres.
Nul ne sut jamais ce qu'il advint de la fortune qu'il amassa avec son prétendu réseau, les estimations des sommes détournées se montant jusqu'à 30 millions d'euros.

Films

Docteur Petiot (1990), de Christian de Chalonge, avec Michel Serrault dans le rôle principal.
Los crímenes de Petiot (1973), de José Luis Madrid, un film espagnol.










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Re: LES GRANDES AFFAIRES CRIMINELLES

Message par Olia le Lun 18 Fév - 18:13

Je n'ai pas encore tout lu mais c'est passionnant, merci Michael.
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Re: LES GRANDES AFFAIRES CRIMINELLES

Message par Michael Jackson 93 le Lun 18 Fév - 18:19

merci Olia de m'avoir répondue c'est super gentil de ta part et de rien quand j'aurais tout fini mon topic sur les Affaires Criminelles tu auras 1 tonnes à lire car j'ai plu de 60 livres sur les criminelles à mettre
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Re: LES GRANDES AFFAIRES CRIMINELLES

Message par Olia le Lun 18 Fév - 21:15

Par contre je pense qu'il serait mieux que tu fasses un nouveau sujet pour chaque affaire, ce serait plus clair et mettrait ton travail en valeur.
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Re: LES GRANDES AFFAIRES CRIMINELLES

Message par Michael Jackson 93 le Mar 19 Fév - 0:30

bonsoir Olia tu veux que je fasses quoi comme nouveau sujet stp
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Re: LES GRANDES AFFAIRES CRIMINELLES

Message par Olia le Mar 19 Fév - 10:16

A chaque affaires tu fait "nouveau" plutôt que de les mettre à la suite les unes des autres.
Bonne journée Michael
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Re: LES GRANDES AFFAIRES CRIMINELLES

Message par Michael Jackson 93 le Mar 19 Fév - 10:32

d'accord Olia pas de soucis je vais le faire à partir de maintenant je ferais nouveau à chaque affaire criminelle par contre le topic que j'ai commencé je vais le laisser comme il est
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Re: LES GRANDES AFFAIRES CRIMINELLES

Message par dieu60 le Mar 19 Fév - 23:16

LAndru, Sezenec, Petiot sont des affaires beaucoup plus médiatisées, mais c'est plaisant de relire ces histoires, merci Mickaël.
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Re: LES GRANDES AFFAIRES CRIMINELLES

Message par Michael Jackson 93 le Mer 20 Fév - 0:29

de rien Dieu merci de m'avoir répondu ça me fait super plaisir que cela vous plaise c'est vraiment super gentil à vous Dieu ainsi qu'à Olia
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Re: LES GRANDES AFFAIRES CRIMINELLES

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