AFFAIRE HÉLÈNE JEGADO (1833-1851)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

AFFAIRE HÉLÈNE JEGADO (1833-1851)

Message par Michael Jackson 93 le Dim 17 Mar - 11:08

AFFAIRE HÉLÈNE JEGADO (1833-1851)

Hélène Jégado (Plouhinec, 1803 - Rennes, 26 février 1852) est une empoisonneuse française.

Biographie

Née en 1803, la jeune Hélène, enfant choyée élevée dans une petite ferme d'une famille de cultivateurs pauvres, est nourrie des légendes de la Basse-Bretagne. Elle est notamment traumatisée par le personnage de l'Ankou, dont elle va devenir l'incarnation pour surmonter ses angoisses. En 1810, après la mort de sa mère – il s'agirait, selon le romancier Jean Teulé, de sa première victime, qu'elle aurait empoisonnée avec des graines de belladone versées dans sa soupe –, elle est envoyée chez une tante qui travaille comme domestique dans un presbytère de Bubry, et devient elle-même domestique. Par la suite, dans différentes villes – Séglien, Auray, Bubry, Hennebont, Locminé, Lorient, Pontivy et, enfin, en 1849, Rennes –, elle sera notamment cuisinière, un emploi idéal pour empoisonner à l'arsenic les plats de ses victimes : clients d'un bordel militaire de Port-Louis, où elle se prostitue, maîtresses de maison, curés, bonnes sœurs, jusqu'à des enfants. Sa carrière criminelle s'arrêtera à Rennes, après les meurtres de deux gouvernantes successives et d'une servante de son employeur, l'avocat, professeur de droit et expert en affaires criminelles Théophile Bidard de la Noé, lequel, soupçonneux, se décide finalement à enquêter sur son parcours.

L'exécution d'Hélène Jégado sur le Champ de Mars à Rennes met fin à une carrière criminelle de dix-huit ans, carrière facilitée par le fait que la région à cette époque était touchée par des épidémies de choléra dont les symptômes sont proches de ceux de l'empoisonnement à l'arsenic, qu'Hélène Jégado ne vole pas ses victimes et que les familles refusent les autopsies des corps de leurs parents. Le nombre de ses victimes est impossible à déterminer avec précision (probablement 36) car la plupart de ses forfaits ayant été commis plus de dix ans avant son procès, ils ne pouvaient plus être jugés du fait de la prescription légale, aussi son procès écartera 21 empoisonnements et 5 tentatives d'empoisonnements à cause de cette prescription. D'après Jean Teulé, qui la considère comme la plus grande tueuse en série du monde, son habitude de conserver des fétiches de chacun d'entre eux permet aujourd'hui d'estimer qu'elle a tué environ soixante personnes, y compris des enfants, notamment la petite Marie Bréger au château de Soye (Plœmeur) en mai 1841, dix ans et un mois avant son arrestation, ainsi que deux tantes et son père.

Son acte d'accusation comporte cinq empoisonnements et cinq tentatives d'empoisonnements, ainsi qu'onze comptes de vol domestique. Le procès s'ouvre devant la Cour d'assises d'Ille-et-Vilaine le 6 décembre 1851 et se termine par la condamnation à mort le 14 décembre après une heure quinze de délibération. Le discours final de Me Magloire Dorange, jeune avocat de 24 ans chargé de la défense qui plaide la folie, est un plaidoyer contre la peine de mort. Femme pieuse, elle avoue ses meurtres en prison lors d'une confession donnée à l'abbé Tiercelin la veille de son exécution, révélations qu'elle autorise à rendre publiques après son décès mais se révélant peu fiables car elles excluent certains crimes et en ajoutent certains autres.

Les circonstances politiques après le coup d’État de Napoléon III, le 2 décembre, ont fait que le cas a reçu peu d'attention dans les journaux au niveau national. À noter que le député Jean-Baptiste Baudin, médecin spécialisé dans les maladies de l'estomac, était cité à comparaître pour la défense mais a trouvé la mort sur les barricades du faubourg Saint-Antoine le 3 décembre. Hélène Jégado est guillotinée en 1852.

La culpabilité d'Hélène Jégado n'a jamais été mise en cause. Par contre, plusieurs mobiles ont été proposés sans vraiment convaincre, aucune explication raisonnable n'ayant pu être donnée à son action.

Sa méthode était simple : cuisinière dans les presbytères et les maisons bourgeoises, elle ajoutait de la « poudre blanche » dans la soupe ou les gâteaux qu'elle préparait, autrement dit de l'arsenic, sous la forme de « mort-aux-rats ».

Postérité

« La Jégado » est le sujet d'une feuille volante en français (Complainte d'Épinal) et d'une complainte en langue bretonne de Jafferedo imprimé à Hennebont (1900). Elle devient un espèce de croque-mitaine, personnage maléfique auquel on faisait appel pour forcer les enfants à boire leur soupe, les menaçant de l'appeler s'ils ne la mangeait pas.

Un épisode de la série En votre âme et conscience est consacré au cas d'Hélène Jégado en janvier 1967.

En 2006, le réalisateur français Pierre Mathiote met en scène, pour France 3, un docu-fiction intitulé La Jégado, avec, dans le rôle-titre Taïra Borée.

Le Musée des beaux-arts de Rennes contient le masque mortuaire d'Hélène Jégado dont on avait recherché lors de l'autopsie par la Faculté de médecine la « bosse du crime ».

En Bretagne aujourd'hui, plusieurs pâtisseries proposent à leurs clients des « gâteaux d'Hélène Jegado », recette identique (angélique pour masquer la couleur verte que prenait le gâteau arseniqué à la cuisson, amandes pour masquer le goût amer de l'arsenic) mais garantie sans arsenic! La recette a été signalée sous le nom de Gâteau breton d'Hélène Jégado par Simone Morand gastronomie bretonne d'hier et d'aujourd'hui. Paris,Flammarion,1965.








source :

wikipédia
avatar
Michael Jackson 93


Revenir en haut Aller en bas

Re: AFFAIRE HÉLÈNE JEGADO (1833-1851)

Message par dieu60 le Dim 17 Mar - 22:36

Étonnant parcours que celui de cette Jegado qui sans doutes fût la première tueuse en série de l'histoire. J'ai justement entendu il y a très peu de temps son histoire, relatée par Jean Teulé dans l'émission de Jacques Pradel sur RTL.
Merci Mickaël pour avoir retracé le sinistre parcours de cette tueuse.







avatar
dieu60


http://la-tranquillite.fr

Revenir en haut Aller en bas

Re: AFFAIRE HÉLÈNE JEGADO (1833-1851)

Message par Michael Jackson 93 le Lun 18 Mar - 0:32

de rien Dieu merci à toi d'y avoir répondu et pour répondre à ta question c'est 1 des 1ères tueuses de l'histoire et j'avais écouté RTL quand il y avait Jean Teulé
avatar
Michael Jackson 93


Revenir en haut Aller en bas

Re: AFFAIRE HÉLÈNE JEGADO (1833-1851)

Message par Olia le Mar 9 Avr - 20:20


L'esprit humain est insondable, que peut-il se passer, un grain de sable dans le rouage qui fait devenir des êtres "fous" ? car c'est bien de folie dont il s'agit !
crimes gratuits.

Merci Michael, je ne connaissais pas cette histoire.






avatar
Olia
Administratrice - Fondatrice


http://la-tranquillite.forumdediscussions.net

Revenir en haut Aller en bas

Re: AFFAIRE HÉLÈNE JEGADO (1833-1851)

Message par Michael Jackson 93 le Mer 10 Avr - 1:21

merci Olia de m'avoir répondue c'est super gentil de ta part je suis très content que cela te plaise
avatar
Michael Jackson 93


Revenir en haut Aller en bas

Re: AFFAIRE HÉLÈNE JEGADO (1833-1851)

Message par Contenu sponsorisé


Contenu sponsorisé


Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum