La charette bleue

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La charette bleue

Message par dieu60 le Ven 21 Juin - 23:27

La charrette bleue


René Barjavel


René Barjavel raconte son enfance dans la boulangerie de ses parents, à Nyons dans la Drôme, au début du siècle dernier.
Au fil des pages et des souvenirs, parfois précis, parfois flous comme des couleurs dans la brume, nous voyons vivre en petit garçon naïf et ébloui, qui découvre les merveilles familières du monde.
Autour de lui, c'est un bourg de Provence qui surgit, au temps de la Grande Guerre de 1914. Et si les hommes qui sont au front s'entre-tuent avec des moyens très modernes, à Nyons c'est encore la civilisation paysanne et artisanale qui subsiste, la civilisation de la main et de l'outil.
Et les enfants regardent le charron fabriquer pièce par pièce un chef-d'oeuvre: la grande charrette bleue qu'un paysan lui a commandée et qui va porter dans cette histoire le signe du destin.
Mais déjà le premier aéroplane, aux ailes de toile, se pose dans un champs.


C'est une plongée dans l'enfance, dans l'imaginaire, dans le sucre et la sève, une chute vertigineuse vers la propre enfance du lecteur. Mais au lieu de suffoquer, page après page, on respire, on s'épanouit, on s'illumine du bonheur de ce petit garçon qui découvre le monde, qui dévore la vie.
De l'étonnante rencontre de ses parents à son entrée au Collège de Cusset pour y préparer son baccalauréat, le parcours presque banal d'un garçon naïf, avec quelques écorchures, des peurs, mais surtout de la joie. La joie de vivre. La joie des jours qui passent, entouré de l'amour des siens.
C'est du Pagnol, du Giono, c'est la vie. La vie de l'enfant Barjavel. Celle qui l'a marqué, avec son lot de joie et sa blessure profonde. Celle qui a modelé ce qu'il a été, bien sur, mais surtout celle qui a tissé la trame principale de ses romans tout au long de son œuvre. L'amour sentiment, l'amour charnel, l'amour unique, l'amour maternel. Simplement l'amour. Mais sans drame, séparation, disparition: impossible.
Ses héros chaque fois déchirés? C'est sans doute ses parents.


Quelques citations:


« Les enfants ne sont pas des paquets qu'on peut poser dans un coin.[...] Un nouveau né est un écorché vif, arraché à la douceur et la sécurité du ventre maternel […] Un enfant qui veut être porté dans les bras n'est pas un enfant capricieux. Il exprime un besoin. Il réclame et il a raison » (p97)


« Quel métier! Pourquoi faut-il des gens qui écrivent pour que d'autres puissent lire?
J'ai commencé bien jeune à souffrir avec l'écriture. Je continue » (p124)
Étonnante confession pour un écrivain, non?!


« Le savoir des écoles se borne à enseigner « le comment ». C'est un savoir éparpillé, sans unité et sans direction.[...] Ce savoir ne peut donner naissance qu'à une société de technique, sans sagesse et sans raison, aussi absurde et dangereuse qu'un camion-citerne lancé sans conducteur sur une autoroute en pente » (p145)



« J'étais tendre et bon à dévoré comme une tranche de filet.. » (p249)


Anecdote:
L'un des romans de Barjavel s'intitule Tarendol, du nom du Héros. Et bien Tarendol est le nom du village natal de la famille Barjavel.
Le grand amour de Tarendol se nomme Marie. Marie est le prénom de la maman de René Barjavel...





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