Poème du jour

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Poème du jour

Message par Olia le Dim 4 Mai - 7:40

Cher Frère Blanc,

Quand je suis né, j¹étais noir
Quand j¹ai grandi, j¹étais noir,
Quand je vais au soleil, je suis noir,
Quand j¹ai peur, je suis noir,
Quand je suis malade, je suis noir,
Quand je mourrais, je serais noir

Tandis que toi, Frère Blanc,
Quand tu es né, tu étais rose,
Quand tu as grandi, tu étais blanc,
Quand tu vas au soleil, tu es rouge,
Quand tu as froid, tu es bleu,
Quand tu as peur, tu es vert,
Quand tu es malade, tu es jaune,
Quand tu mourras, tu seras gris.

Et c¹est encore toi qui as le toupet
De me traiter d¹homme de couleur !






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Re: Poème du jour

Message par malice le Dim 4 Mai - 8:38

magnifique ! on est tous pareils !
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Re: Poème du jour

Message par malice le Dim 4 Mai - 8:40

Les caresses des yeux


Les caresses des yeux sont les plus adorables ;
Elles apportent l'âme aux limites de l'être,
Et livrent des secrets autrement ineffables,
Dans lesquels seul le fond du coeur peut apparaître.

Les baisers les plus purs sont grossiers auprès d'elles ;
Leur langage est plus fort que toutes les paroles ;
Rien n'exprime que lui les choses immortelles
Qui passent par instants dans nos êtres frivoles.

Lorsque l'âge a vieilli la bouche et le sourire
Dont le pli lentement s'est comblé de tristesses,
Elles gardent encor leur limpide tendresse ;

Faites pour consoler, enivrer et séduire,
Elles ont les douceurs, les ardeurs et les charmes !
Et quelle autre caresse a traversé des larmes ?

Auteur:Auguste ANGELLIER
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Re: Poème du jour

Message par malice le Dim 4 Mai - 10:11

Où sont les larmes ?
Gouttes d'eau venant du coeur,
Expression de bonheur ou de malheur,
Vous qui glissiez souvent sur mes joues,
Aujourd'hui, mais où êtes-vous ?

Toutes les douleurs de mon âme,
Toutes les peines qui me désarment,
Pourquoi ne pas vous laisser emporter
Par le torrent des larmes tourmentées ?

Ultra sensibilité, pourquoi me tortures-tu...
Toutes ces émotions qui ne sortent plus...
Pourquoi ai-je envie de pleurer
Alors que mes larmes sont emprisonnées...

Mes larmes se sont-elles gelées
Au point que je ne sois qu'un glacier
N'attendant qu'un réchauffement emotionnel
Pour fondre et créer une inondation corporelle...

Mes larmes, je vous en supplie à genou,
Ne restez plus enfouies, je suis à bout...
Sortez de mon corps, inondez mon visage
Faites sortir mes tourments, que cela me soulage...

Valérie S. (Art et Poèmes) avril 2006
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Poème du jour

Message par Olia le Dim 4 Mai - 20:48

Emouvants et profonds, merci Malice.






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Poème du jour

Message par Olia le Dim 4 Mai - 20:52

Bleus ou noirs, tous aimés, tous beaux,
Des yeux sans nombre ont vu l'aurore ;
Ils dorment au fond des tombeaux
Et le soleil se lève encore.

Les nuits plus douces que les jours
Ont enchanté des yeux sans nombre ;
Les étoiles brillent toujours
Et les yeux se sont remplis d'ombre.

Oh! qu'ils aient perdu le regard,
Non, non, cela n'est pas possible !
Ils se sont tournés quelque part
Vers ce qu'on nomme l'invisible ;

Et comme les astres penchants,
Nous quittent, mais au ciel demeurent,
Les prunelles ont leurs couchants,
Mais il n'est pas vrai qu'elles meurent :

Bleus ou noirs, tous aimés, tous beaux,
Ouverts à quelque immense aurore,
De l'autre côté des tombeaux
Les yeux qu'on ferme voient encore.

Sully Prudhomme






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Message par Olia le Dim 4 Mai - 20:57



Les Chaînes

J’ai voulu tout aimer, et je suis malheureux,
Car j’ai de mes tourments multiplié les causes ;
D’innombrables liens frêles et douloureux
Dans l’univers entier vont de mon âme aux choses.

Tout m’attire à la fois et d’un attrait pareil :
Le vrai par ses lueurs, l’inconnu par ses voiles ;
Un trait d’or frémissant joint mon coeur au soleil,
Et de longs fils soyeux l’unissent aux étoiles.

La cadence m’enchaîne à l’air mélodieux,
La douceur du velours aux roses que je touche ;
D’un sourire j’ai fait la chaîne de mes yeux,
Et j’ai fait d’un baiser la chaîne de ma bouche.

Ma vie est suspendue à ces fragiles noeuds,
Et je suis le captif des mille êtres que j’aime :
Au moindre ébranlement qu’un souffle cause en eux
Je sens un peu de moi s’arracher de moi-même.

Sully Prudhomme






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Poème du jour

Message par Olia le Dim 4 Mai - 21:06

Les Berceaux

Après le départ des oiseaux,
Les nids abandonnés pourrissent.
Que sont devenus nos berceaux ?
De leur bois les vers se nourrissent.

Le mien traîne au fond des greniers,
L'oubli morne et lent le dévore ;
Je l'embrasserais volontiers,
Car mon enfance y rit encore.

C'est là que j'avais nuit et jour,
Pour ciel de lit, des yeux de mère
Où mon âme épelait l'amour
Et ma prunelle la lumière.

Sur le coeur d'amis sûrs et bons,
Femmes sans tache, sur le vôtre,
C'est un berceau que nous rêvons
Sous une forme ou sous une autre.

Cet instinct de vivre blottis
Dure encore à l'âge où nous sommes ;
Pourquoi donc, si tôt trop petits,
Berceaux, trahissez-vous les hommes ?

Sully Prudhomme






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Re: Poème du jour

Message par malice le Lun 5 Mai - 8:23

La rose de novembre





Il n'est plus belle fleur qu'une rose d'automne,
Quand elle sait déjà que ses jours sont comptés,
Et que près de sa fin, généreuse, elle donne
Encor plus de parfum qu'aux beaux jours de l'été.

Dans le brouillard léger d'une aube de novembre
Alors que les oiseaux ne savent plus chanter,
Elle va défroisser sa robe d'or et d'ambre
Pour s'offrir aux regards dans toute sa beauté.

Mais un souffle de vent la blesse, la défeuille.
Sitôt qu'il a séché ses larmes de rosée,
Elle cache ses joues dans son écrin de feuilles
Pour vivre encor un peu, encor une journée.

Ô toi qui ne sais pas combien est éphémère
La rose qui s'endort et va vers son trépas,
Si tu passes près d'elle au jardin de ta mère,
Je t'en supplie, enfant, non, ne la cueille pas.

Laisse la retenir la vie qui l'abandonne,
Suivre des vols d'oiseaux glissant dans le ciel clair.
Il n'est plus belle fleur qu'une rose d'automne,
Qui se meurt doucement, aux premiers jours d'hiver.

© Renée Jeanne Mignard
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Re: Poème du jour

Message par malice le Mar 6 Mai - 7:21

Les deux amis
Assis sous un arbre aux branches dépouillées,
Je viens de rencontrer entrain de discuter,
La douce jeune fille aux cheveux bruns,
Et son ami qui parle de son doux jardin.
Tous deux savent qui c’est presque l‘ hiver,
Que la nature pour un moment va se taire,
Se préparant pour le prochain printemps,
Cela en cachette de bien des gens.
Le jardinier raconte à la jolie jeune fille,
Que durant cet hiver il fera le tri des outils,
Certains seront même à être remplacés,
Car devenus vraiment vieux, trop usés.
La jeune fille répond qu’elle aimerait,
Un grand bouquet qui jamais ne s’userait,
Elle aime tant les immenses fleurs,
Celle qui lui rappelle le parfait bonheur.
Le silence se fait leur humble complice,
Ce qui rend l’instant plein de délice,
Le jardinier doucement se lève,
La visite aura t’elle été si brève?
Non, le jardinier tend sa grande main,
A la jeune fille qui se sent si bien,
Les deux partent dans le cabanon,
Ils ressortent, je suis en admiration. !!.
La jeune fille porte une gerbe de fleurs,
Sur son frais visage se lit le bonheur,
D’un tel cadeau venant du jardiner,
Celui ci essuie une larme pour la remercier.
Les deux amis lentement se séparent,
Maintenant le jour se fait déjà tard,
Chacun repart dans sa direction,
Chacun devenant un point à l’horizon.
©Michèle R
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Poème du jour

Message par Olia le Jeu 8 Mai - 16:21

Il pleure dans mon coeur

Il pleure dans mon coeur
Comme il pleut sur la ville ;
Quelle est cette langueur
Qui pénètre mon coeur ?

Ô bruit doux de la pluie
Par terre et sur les toits !
Pour un coeur qui s'ennuie,
Ô le chant de la pluie !

Il pleure sans raison
Dans ce coeur qui s'écoeure.
Quoi ! nulle trahison ?...
Ce deuil est sans raison.

C'est bien la pire peine
De ne savoir pourquoi
Sans amour et sans haine
Mon coeur a tant de peine !

Paul Verlaine (1844-1896)
Romances sans paroles






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Message par Olia le Jeu 8 Mai - 16:25

L’enfant au berceau de bois sculpté

Dors, l’enfant, dors
Dors, l’enfant d’or
Propre et sanglé dans la blancheur

Rentre ton petit pied sous la couverture
Ferme tes yeux de poupée.
Envole-toi dans tes rêves purs

Mais pourquoi veux-tu que je dorme ?
Tu vois bien que j’ai les yeux grand ouverts
Parle-moi plutôt d’un autre monde
Les gens s’aiment-ils chez toi ?
Les enfants y reçoivent-ils des câlins doux et chauds
Comme ceux de grand-mère ?
Est-ce qu’on leur raconte aussi des histoires étranges
Sur les esprits des vallées ?
Que dit-on le soir à la veillée ?

Dors, l’enfant, dors
Tu as le temps de grandir
Plus tard, tu te diras
J’étais si bien bébé
Dans mon berceau de bois sculpté
Dors, l’enfant d’or
L’autre monde peut attendre






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Message par Olia le Ven 9 Mai - 18:31

Comme des larmes d'or qui de mon coeur s'égouttent,
Feuilles de mes bonheurs, vous tombez toutes, toutes.

Vous tombez au jardin de rêve où je m'en vais,
Où je vais, les cheveux au vent des jours mauvais.

Vous tombez de l'intime arbre blanc, abattues
Ça et là, n'importe où, dans l'allée aux statues.

Couleur des jours anciens, de mes robes d'enfant,
Quand les grands vents d'automne ont sonné l'olifant.

Et vous tombez toujours, mêlant vos agonies,
Vous tombez, mariant, pâle, vos harmonies.

Vous avez chu dans l'aube au sillon des chemins;
Vous pleurez de mes yeux, vous tombez de mes mains.

Comme des larmes d'or qui de mon coeur s'égouttent,
Dans mes vingt ans déserts vous tombez toutes, toutes.

Nigellan






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Message par Olia le Lun 12 Mai - 17:59

Grand Père au berceau

On vient de le langer et de le placer dans son berceau
Et sur sa petite lèvre rose une goutte de lait tremble encore.
J'ai tendu mon doigt devant sa main de poupée afin qu'il la serre,
Car je sais que c'est ainsi que plus vite, il s'endort.

Sa narine est plus claire que la plus fine porcelaine
Et tout doucement palpite et se fronce de temps en temps
Je le regarde et je l'admire en retenant mon haleine
Bouche de corail et peau de satin, cheveux frisonnants.

C'est l'enfant de mon enfant , dernier né de la famille,
Contentement du grand père qui voit son rang rajeunir
Qui se dit " tiens il a mon menton comme dix fois cent font mille,"
Pour le coup de fourchette, sûr et certain il aura de qui tenir...

Il dort l'enfant, regardez le sourire aux anges,
Moi, je me sens la larme à l'oeil , mais c'est un pur bonheur,
Pour ne pas l'éveiller, je ris tout bas, je m'épanche,
Malheur, je ne voudrais pas en riant ,soudain, lui faire peur

Près de ton grand père, dors , dors, petit d'homme
Plus tard, comme la plupart tu connaitras les tourments
Tu verras bien assez tôt les jours de pluie et qui tonnent
Mais tant que je tiendrai bon, là tu auras du soleil mon enfant.






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Message par Olia le Ven 16 Mai - 8:23

Le berceau
Dans la chambre paisible où tout bas la veilleuse
Palpite comme une âme humble et mystérieuse,
Le père, en étouffant ses pas, s'est approché
Du petit lit candide où l'enfant est couché ;
Et sur cette faiblesse et ces douceurs de neige
Pose un regard profond qui couve et qui protège.
Un souffle imperceptible aux lèvres l'enfant dort,
Penchant la tête ainsi qu'un petit oiseau mort,
Et, les doigts repliés au creux de ses mains closes,
Laisse à travers le lit traîner ses bras de roses.
D'un fin poudroiement d'or ses cheveux l'ont nimbé ;
Un peu de moiteur perle à son beau front bombé,
Ses pieds ont repoussé les draps, la couverture,
Et, libre maintenant, nu jusqu'à la ceinture,
Il laisse voir, ainsi qu'un lys éblouissant,
La pure nudité de sa chair d'innocent.
Le père le contemple, ému jusqu'aux entrailles...
La veilleuse agrandit les ombres aux murailles ;
Et soudain, dans le calme immense de la nuit,
Sous un souffle venu des siècles jusqu'à lui,
Il sent, plein d'un bonheur que nul verbe ne nomme,
Le grand frisson du sang passer dans son coeur d'homme.

Albert Samain






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Message par Olia le Ven 16 Mai - 8:28

Blotti comme un oiseau
Blotti comme un oiseau frileux au fond du nid,
Les yeux sur ton profil, je songe à l'infini...

Immobile sur les coussins brodés, j'évoque
L'enchantement ancien, la radieuse époque,
Et les rêves au ciel de tes yeux verts baignés !

Et je revis, parmi les objets imprégnés
De ton parfum intime et cher, l'ancienne année
Celle qui flotte encor dans ta robe fanée...

Je t'aime ingénument. Je t'aime pour te voir.
Ta voix me sonne au coeur comme un chant dans le soir.
Et penché sur ton cou, doux comme les calices,
J'épuise goutte à goutte, en amères délices,
Pendant que mon soleil décroît à l'horizon
Le charme douloureux de l'arrière-saison.

Albert Samain






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Message par Olia le Mer 28 Mai - 21:08

Comme une grande fleur ...
Comme une grande fleur trop lourde qui défaille,
Parfois, toute en mes bras, tu renverses ta taille
Et plonges dans mes yeux tes beaux yeux verts ardents,
Avec un long sourire où miroitent tes dents...
Je t'enlace ; j'ai comme un peu de l'âpre joie
Du fauve frémissant et fier qui tient sa proie.
Tu souris... je te tiens pâle et l'âme perdue
De se sentir au bord du bonheur suspendue,
Et toujours le désir pareil au coeur me mord
De t'emporter ainsi, vivante, dans la mort.
Incliné sur tes yeux où palpite une flamme
Je descends, je descends, on dirait, dans ton âme...
De ta robe entr'ouverte aux larges plis flottants,
Où des éclairs de peau reluisent par instants,
Un arôme charnel où le désir s'allume
Monte à longs flots vers moi comme un parfum qui fume.
Et, lentement, les yeux clos, pour mieux m'en griser,
Je cueille sur tes dents la fleur de ton baiser ! ...

Albert Samain






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Message par Olia le Mar 24 Juin - 18:08

L'horloge

Horloge! dieu sinistre, effrayant, impassible,
Dont le doigt nous menace et nous dit : "Souviens-toi !"
Les vibrantes Douleurs dans ton coeur plein d'effroi
Se planteront bientôt comme dans une cible;

Le plaisir vaporeux fuira vers l'horizon
Ainsi qu'une sylphide au fond de la coulisse;
Chaque instant te dévore un morceau du délice
A chaque homme accordé pour toute sa saison

Trois mille six cents fois par heure la Seconde
Chuchote: Souviens-toi!- Rapide, avec sa voix
D'insecte, Maintenant dit : Je suis Autrefois,
Et j'ai pompé ta vie avec ma trompe immonde!

Remember! Souviens-toi! Prodigue! Esto memor!
( Mon gosier de métal parle toutes les langues.)
Les minutes, mortel folâtre, sont des gangues
Qu'il ne faut pas lâcher sans en extraire l'or!

Souviens-toi que le Temps est un joueur avide
Qui gagne sans tricher, à tout coup! c'est la loi,
Le jour décroît; la nuit augmente; souviens-toi!
La gouffre a toujours soif; la clepsydre se vide,

Tantôt sonnera l'heure où le divin Hasard,
Où l'auguste Vertu, ton épouse encore vierge,
Où le Repentir même ( oh! la dernière auberge! ),
Où tout te dira : Meurs vieux lâche! il est trop tard!

Charles Baudelaire (Les fleurs du mal)






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Message par Olia le Ven 27 Juin - 11:36

A une passante
La rue assourdissante autour de moi hurlait.
Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse,
Une femme passa, d'une main fastueuse
Soulevant, balançant le feston et l'ourlet ;

Agile et noble, avec sa jambe de statue.
Moi, je buvais, crispé comme un extravagant,
Dans son oeil, ciel livide où germe l'ouragan,
La douceur qui fascine et le plaisir qui tue.

Un éclair... puis la nuit ! - Fugitive beauté
Dont le regard m'a fait soudainement renaître,
Ne te verrai-je plus que dans l'éternité ?

Ailleurs, bien loin d'ici ! trop tard ! jamais peut-être !
Car j'ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais,
Ô toi que j'eusse aimée, ô toi qui le savais !

Charles Baudelaire (les fleurs du mal)






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Re: Poème du jour

Message par picka60 le Ven 27 Juin - 13:59

Merci Olia, c'est gentil et l'Horloge tu te rappelles! Wink
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Re: Poème du jour

Message par picka60 le Ven 27 Juin - 15:30

Celui-ci j'aimme bien aussi mais c'est du DE BELLAY

Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage
Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage,
Ou comme cestuy-là qui conquit la toison,
Et puis est retourné, plein d'usage et raison,
Vivre entre ses parents le reste de son âge !

Quand reverrai-je, hélas, de mon petit village
Fumer la cheminée, et en quelle saison
Reverrai-je le clos de ma pauvre maison,
Qui m'est une province, et beaucoup davantage ?

Plus me plaît le séjour qu'ont bâti mes aïeux,
Que des palais Romains le front audacieux,
Plus que le marbre dur me plaît l'ardoise fine :

Plus mon Loir gaulois, que le Tibre latin,
Plus mon petit Liré, que le mont Palatin,
Et plus que l'air marin la doulceur angevine.
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Poème du jour

Message par Olia le Ven 4 Juil - 18:50

Tout entière
Le Démon, dans ma chambre haute,
Ce matin est venu me voir,
Et, tâchant à me prendre en faute,
Me dit : " Je voudrais bien savoir,

Parmi toutes les belles choses
Dont est fait son enchantement,
Parmi les objets noirs ou roses
Qui composent son corps charmant,

Quel est le plus doux. " - Ô mon âme !
Tu répondis à l'Abhorré :
" Puisqu'en Elle tout est dictame,
Rien ne peut être préféré.

Lorsque tout me ravit, j'ignore
Si quelque chose me séduit.
Elle éblouit comme l'Aurore
Et console comme la Nuit ;

Et l'harmonie est trop exquise,
Qui gouverne tout son beau corps,
Pour que l'impuissante analyse
En note les nombreux accords.

Ô métamorphose mystique
De tous mes sens fondus en un !
Son haleine fait la musique,
Comme sa voix fait le parfum ! "

Charles Baudelaire






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Poème du jour

Message par Olia le Jeu 10 Juil - 10:40

Correspondances
La Nature est un temple où de vivants piliers
Laissent parfois sortir de confuses paroles ;
L'homme y passe à travers des forêts de symboles
Qui l'observent avec des regards familiers.

Comme de longs échos qui de loin se confondent
Dans une ténébreuse et profonde unité,
Vaste comme la nuit et comme la clarté,
Les parfums, les couleurs et les sons se répondent.

Il est des parfums frais comme des chairs d'enfants,
Doux comme les hautbois, verts comme les prairies,
- Et d'autres, corrompus, riches et triomphants,

Ayant l'expansion des choses infinies,
Comme l'ambre, le musc, le benjoin et l'encens,
Qui chantent les transports de l'esprit et des sens.

Charles Baudelaire






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Re: Poème du jour

Message par picka60 le Jeu 10 Juil - 11:24

Sur le sable les mots se dessinent,
Petit à petit une phrase se devine.
Elle sera dans quelques heures,
Effacée par la marée douceur.

Sur le sable un souvenir,
A pris naissance, agréable à lire.
Reflétant la joie d’un moment,
Agréable à retenir.

Sur le sable déserté,
Les mots aidés par le vent,
S’effacent doucement.

Sur le sable tamisé,
La déclaration a disparu.
Tandis que la rentrée est en vue.
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Poème du jour

Message par Olia le Sam 12 Juil - 21:15

Les petites
choses

Peut-être, un jour, te parlerai-je de ces petites choses délicates dont on ne se sépare pas. Ces petites merveilles qui jamais ne nous quittent. Elles filent, il est vrai, parfois avec le temps, parfois entre nos mains. Mais toujours nous y restons attachés.
Bien sûr, l'hiver, on ne les entend pas. Bien sûr, l'été, on ne les voit pas. Et bien sûr on croit. On croit parfois qu'elles ne sont plus là. Là où nous les avions laissées la dernière fois. Tu t'en souviens peut-être ? Ces petites choses délicates, mais où sont-elles donc placées ?






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